‹ PoésieChapitre 272 sur 274 · XL VIII · texte numérisé non relu

XL VIII

PSALMODIES 13^ l'ame

Lamartine écrivit la Vigne et la Maison en 1857, duM des circonstances qu'il résume lui-même en ces termes :

« Dans les derniers jours de l'automne qui vient de finir, j'allai assister seul aux vendanges d'octobre, dans le petit vfllage du Maçonnais oîi je suis né (a). Pendant que les bandes do joyeux vendangeurs se répondaient d'une colline à l'autre par ces cris de joie prolongés qui sont les actions de grâce de l'homme au sillon qui le nourrit ou qui l'abreuve, pendant que les sentiers rocailleux du village retentissaient sous le gémissement des roues qui rapportaient, au pas lent des bœufs couronnés de sarments en feuilles, les grappes reuges aux pressoirs, je me couchai sur l'herbe, à l'ombre de la maison de mon père, en regardant les fenêtres fermées, et je pensai aux jours d'autrefois.

« Ce fut ainsi que ce chant me monta du cœur aux lèvres, et que j'en écrivis les strophes au crayon sur les marges d'un vieux Pétrarque in-folio, où je les reprends pour les donner ici aux lecteurs. » (^Cours familier de Lillêralure. X\'^ Entretien.)

On trouve une description de Milly vers cette époque dans le Cours familier de Lillérature, GXXXVII'^ Entretien (iStJij), xti et suiv. — Rapprocher Milly ou la Terre natale (ci-dessus, XXIX) et le dernier thème des Préludes (ci-dessus, XV, v. 3oo-3yi), qui, une trentaine d'années auparavant, étaient sortis de la même inspiration.

L'aii;le engraissé de mort dont le bec encor saign De la chair de nos bataillons 1

Dans notre coupe pleine où l'eau du ciel di'borJe, Désallcrés déjà, buvons aux nations !

llos ou continents, que l'onilo entoure ou borde, Ayez part sous le ciel à nos libations ! Chii, buvons ; et, passant notre coupe à la ronde Aux convives nouveaux du festin éternel, Faisons boire après nous tous les peuples du monde Dans le caÛce fraternel !

^t-^ :dill^' Mais Lamartine est né en réalité à Màcon. V. Introductloo.

Page 1