FIN DE LA CARRIÈRE POÉTIQUE
Tant d'éléments nouveaux entrent dans la vie de Lamartine à partir de 4830, qu'on ne saurait écrire lliisloire complète de sa pensée et de ses ouvrages sans l'appuyer sur une élude d'enseniMe des doctiincs et des événcnieuls contemporains. Nous n'en dirons touletois ici que ce qui est nécessaire à l'intelligence de son œuvre poétique, léservanl |»our un autre volume ce qui ijiléresse plus spécialement son œuvre en prose et son action poliliquc
La révolution de 1830 avait modilié les vues de Lamartine sur la politique militante : il était fait à l'idée de descendre dans la lice. Le gouvernement de Chai-les X venait de le nommer ministre plénipotentiaire en Grèce : il se sépara des légitimistes intransigeants, particulièrement de son ami Virieu, en prêtant serment à Louis-Philippe ; mais en même tempsde nobles scrupules le portèrent à se démettre de ses fonctions diplomatiques. 11 retourna à sa paisible e.xistence de gentilhomme campagnard. Mais il n'était plus d'humeur à s'en contenter longtemps : il atteignait l'àgede l'éligibilité, et aucun obstacle sérieux, matériel ou moral, ne rempèchait de se charger d'un mandat parlementaiie. Ou lui voit, pendant quel- (jues mois, l'air d'un homme qui, au fond, sait bien ce qu'il veut, et qui attend néanmoins que les événements l'aident à se décider. En vers et en prose, par VOde au peuple contre la peine de mort (novembre 4830), par sa lettre Sur la Politique raf/onne//e (septembre 183-1), il tente de s'adresser directement à l'opinion publique pour faire triompher, avec la clémence et la générosité, les idées de progrès. Mais en même temps il commence les Mémoires du curé de ***, qui deviendront Jocelyn, et prépare ce voyage en Orient, dès loni>temps rêvé, qui l'écarlera momentanément des préoccupations de la politi(iue contemporaine. Il se présente à la députation à Dunkerque, à Toulon et à Mâcon. 11 échoue (.juillet 4831). Cette fois le sort en est jeté : toutes ses pensées se tournimt du côté du voyage, il en hâte les préparatifs et s'embarque à Marseille, le 40 iuillet
« Je vais, écrivait-il à son ami Honot, en lui indiquant les grandes ligues de son itinéraire, chercher des impressions