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INTRODUCTION XLIII

Plus rapide enrorc, plus pressante est la slroplie on vers de sept pieds, que Laniardiii! qiialitiait (le «fuyante»; il a en liié des ell'ets saisissants de brièveté tragique :

La brebis sur les collines

Ne trouve plus le gazon ;

Son agnpau laisse aux épines

Los débris Je sa toison ;

La llùte aux accords chainpôtres

Ne réjouit plus les hêtres

Ues airs de joie et d'amours ;

Toute licrbe aux champs est glanée :

Ainsi finit une année,

Ainsi finissent nos jours 1

(Pensée des morts.)

Les vers plus courts (six, cinq et quatre pieds), qui reviennent ici et là dans diverses Harmonies, sont généralement moins heureux et d'un rythme plus vulgaire.

Les Harmonies marquèrent l'apogée de la réputation poétique de Lamartine ^ A vrai dire, en offrant au public cet ouvrage d'une inspiration et d'un tour si nouveaux, il n'était pas sans appréhension sur l'accueil qui lui serait fait: u Sur les ciu([uante, n'en lis que quinze », écrivait-il à Virieu en lui adressant le recueil. Mais Virieu admira, le public fit comme Virieu, et Lamartine, après une période de véritable découragement, reprit pleine confiance en son génie. Toutefois il ne comptait pas l'evenir au genre des Méditations ou àe& Harmonies : « Je ferme la page lyrique et rouvre la page épique pour le reste de ma verve », déclarait-il dès le mois d'avril 4829. Peut-être ne croyait-il pas dire si juste : sauf quelques pièces tardives des Recueillements, il ne devait pas retourner à la poésie lyrique, il faut ajouter qu'il n'écrivit pas non plus le. grand poème épique auquel il pensait alors. Le poème familier de Jocelyn, auquel il ne s'avisa qu'après coup de donner le caractère épique, la Chute d'un Ange, des pièces de circonstances, des fragments : voilà ce qui constituera, de 4830 à 4840, la dernière partie de son œuvre poétique. Avec les Harmonies se clôt une belle et féconde période de sa vie d'homme et de poète; de nouvelles préoccupations vont s'installer dans son existence, de nouvelles ambitions, de nouveaux intérêts le solliciter et l'accaparer.

I. Il avait été élu de l'Académie française le 5 novembre 182g

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