‹ PoésieChapitre 57 sur 274 · Qu'atleslaient. — 1" version: que clicrcliaicnt · texte numérisé non relu

Qu'atleslaient. — 1" version: que clicrcliaicnt

139. L'aimanl. Construction très irrcf;ulicrc, particulière à Lamartine. On trouve souvent dans ses vers des adjectifs ou dos participe! se rapportant à une personne qui n'est représentée dans la proposition que par un adjrclif possessif (ici nous, représenté par nos hommaj^es). Cf. II, 89, i'i7; VIII, 79-81 ; I.\, 59; XV. 28, 328; XVIII, 29 ; XXXI, 3o ; XXXVI, î& ; XXXVII, 8/i; XLIl, 67 ; etc. ■

i32. Noire exil. Cf. I, fi-j.

i33. /''ui/ilive: oherchant n fuir.

i3i. Caplive: retient captive. Cf. XLII, If]. L'emploi de ce verbe an sens propre est ua véritable archaïsme. Ra[)prochcr Corneillo, Médèc, v. 1230:

^ Cessez, indignes fers, de captiver un roi ;

La Foalaiae, Contes, II, x, 8 : il captivait sa femme ; etc.

Nos âmes, d'un soûl bond remontant vers leur source,

Ensemble auraient francbi les mondes dans leur covu'sc;

A travers l'infini, sur l'aile de l'amour,

Elles auraient monté comme un rayon du jour, i'ii>

Et, jusqu'à Dieu lui-même arrivant éperdues,

Se seraient dans son sein pour jamais confondues !

Ces vœux nous trompaienl-ils? Au néant destinés,

Est-ce pour le néant que nos êtres sont nés ?

Partageant le destin du corps qui la recèle, 1/15

Dans la nuit du tombeau l'àme s'engloulit-elle?

Tombe-l-elle en poussière? ou, prèle à s'envoler,

Comme un son cjui n'est plus va-t-elle s'exhaler?

Après un vain soupir, après l'adieu suprême.

De tout ce qui t'aimait n'est-il plus rien qui l'aime? ifjo

Ah ! sur ce grand secret n'interroge que toi !

Vois mourir ce qui t'aime, Elvire, et réponds-moi !

\!tS. Entendez : va-t-elle sevanpuir dans l'air, à la manière d'un son qui meurt ? Cl'. X, 3i-33 :

... et mon âme, au moment qu'elle expire, S'eïhale comme un son triste et mélodieux.

i5i. N'interroge que toi : ne raisonne pas, écoute ta conscience. Ion instinct.

i52. Ce qui t'aime. On peut entendre: moi qui t'aime; ou, d'une nianiire générale: qui que ce soit qui t'aime. Le spectacle d'une telle mort obligera Elvire à croire à l'immortalité de l'àme : le dernier mot reste, el doit rester au sentiment. — Dans la première version de cette pièce, qui avait un caractère tout intime et n'était pas destinée au public, Elvire était nomuiée dès le début (v. a) sous son vrai nom de Julie ; de même au v. /i5, La tin différait : après le v. id4 :

on lisait

Est-ce pour le néant que les êtres sont nés ?

Non, cet Etre parfait, suprême Intelligence,

A des êtres sans but n'eut pas donné naissance ;

Non, ce but est caché, mais il doit s'accomplir,

Et ce qui peut aimer n'est pas né pour mourir!..,

— Et cependant, jeté dans les déserts du monde, L'homme, pour s'éclairer dans cette nuit profonde. N'a qu'un jour incertain, qu'un flaipbeau vacillant Qui perce à peine l'ombre et meurt au moindre xenl. El, tel qu'aux sombres bords l'ombre des DanaiJes S'efforce de remplir des urnes toujours villes, Poussé par son esprit, tourmenté par son cœur, L'un cherche la lumière, et l'autre le bonlieiir; L'un, sans cesse entouré de nuages funèbres, Creusant autour de soi ne trouve que ténèbres,

i'o mi-:l)ITatiu.n;< poétiques

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