‹ PoésieChapitre 62 sur 274 · Errante, parce qu'elle ne trouve d'asile nulle par · texte numérisé non relu

Errante, parce qu'elle ne trouve d'asile nulle par

Aux dieux vivants du monde offerte en sacrifice; loo

Et la force, partout, fondant de l'injustice Le règne illimité 1

La valeur sans les dieux décidant les batailles I Ln Caton libre encor décliirant ses entrailles

Sur la foi de Platon ; io5

Un Bru tus qui, mourant pour la vertu qui) aime, Doute au dernier moment de cette vertu même,

Et dit : « Tu n'es qu'un nom !... »

La fortune toujours du parti des grands crimes ;

Les forfaits couronnés devenus légitimes ; no

La gloire au prix du sang ; Les enfants héritant l'iniquité des pères ; Et le siècle qui meurt racontant ses misères

Au siècle renaissant I

lié quoi ! tant de tourments, de forfaits, de supplices, ii5 IS'ont-ils pas fait fumer d'assez de sacrifices

Tes lu2;ubres autels?

Ce soknl, vieux témoin des malheurs de la terre. Ne fera-t-il pas naître un seul jour qui n'éclaire

L'angoisse des mortels ? no

loo. Dieux vivants. Les tyrans se sont souvent fait adorer de leur vivant : els César et les empereurs romains.

io3. Sans les dieux: sans avoir les dieux pour elle. Cf. Horace, Od., III, IV, 20 : non sine dis animosus.

io4. Caton se suicida à U tique pour ne pas tomber entre les mains de César (46 av. J.-C). Avant de se percer de son épée, il avait relu à plusieurs reprises le P/iet/on, dialogue de Platon sur l'immortalité de l'àme.

io6. Brutus se donna la mort sur le champ de bat.iille de Philippes (42 av. J.-C), en prononçant, dit-on, cette dernière parole découragée : « Vertu, tu n'es qu'un mot ! »

112. Héritant r iniquité : châtiés pour l'iniquité de leurs pères. Cf. Ode (^Méditations, X) :

Peuple ! des crimes de tes pères Le ciel punissant tes enfants De châtiments héréditaires Accablera leurs descendants...

et Horace, Od., III, vi, i :

Delicta majorum immeritus lues.

IiMaBTI.VB. POtSlB. 4

lli-riliers des douleurs, victimes de la vie, Non, non, n'espérez pas que sa rage assouvie

Endorme le Miillieur, Jusqu'à ce que la Mort, ouvrant son aile immense, Engloutisse à jamais dans rélernel silence

L'éternelle douleur I

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