Molles. V. IV. 106 (uole
Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire. Que les parfums légers de ton air embaumé, Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire, Tout dise : « Ils ont aimél »
Cette méditation fut composée en Savoie, dans les montagnes qiù dominent Chambéry, au mois d'août i8ig (^Corresp.. t. 11, p. 90). Lamartine l'a appelée lui-même un « hymne de l'adoration rationnelle ». On ne saurait en marquer plus justement le caracttre. — Sur le rationalisme de Lamartine, v. ci-dessous, XLIII, note sur le vers io4- Cf. Introduction, p. xxvii.
Le roi brillant du jour, se couchant dans sa gloire, Descend avec lenteur de son char de victoire ; Le nuage éclatant qui le cache à nos yeux Conserve en sillons d'or sa trace dans les cieux, Et d'un reflet de pourpre inonde l'étendue. Comme une lampe d'or dans l'azur suspendue, La lune se balance aux bords de l'horizon ; Ses rayons affaiblis dorment sur le gazon. Et le voile des nuits sur les monts se déplie. C'est l'heure où la nature, un moment recueillie, Entre la nuit qui tombe et le jour qui s'enfuit. S'élève au créateur du jour et de la nuit, Et semble offrir à Dieu, dans son brillant langage. De la création le magnifique hommage.
'• Jje son char. V. I, 11 (note). — L'image est belle, mais un peu confuse : se couchant et (/«cenc/ s'accordent mal ; les impressions personnelles du poète ne se combinent pas sans difficulté à ses souvenirs mythologiques.