‹ PoésieChapitre 65 sur 274 · Soirs : soucis ; sens classique · texte numérisé non relu

Soirs : soucis ; sens classique

36. Après cette strophe, le texte primitif, puklié dans' les Poésies inédites, contenait les deux strophes suivantes :

Elle se lut ; nos cœurs, nos yeux se rencontrèrent ; Des mots entrecoupés se perdaient dans les airs ;

36 MÉDITATIONS POÉTIQt/ES

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse, Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur, S'envolent loin de nous de la même vitesse

Que les jours de malheur? 4"

Hé quoi! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace? Quoi ! passés pour jamais? quoi ! tout entiers perdus? Ce temps qui les donna, ce temps qui les ellace. Ne nous les rendra plus?

Éternité, néant, passé, sombres abîmes, àô

Que faites-vous des jours que vous engloutissez? Parlez : nous rcndrez-vous ces extases sublimes Que vous nous ravissez ?

0 lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure ! Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir, 5o

Gardez de cette nuit, gardez, belle nature. Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages, Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux, Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages 55

Qui pendent sur tes eaux 1

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe, Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés. Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface

De ses molles clartés ! 6'

Et, dans un long transport, nos âmes s"envolèren Dans un autre univers.

Nous no pûmes parler ; nos àincs aiïail)lics Succombaient sous le poids tic leur réliçilé ; Nos cœurs battaient ensemble, et nos bouches unies Disaient: Éternité !

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