Le désert. V. I, Si (nol«). J
Ame de Tmiivers, Dieu, porc, créateur»
Sous tous ces noms divers je crois en toi, Seigneur;
Et, sans avoir besoin d'entendre ta parole, 45
Je lis au front des cieux mon glorieux symbole.
L'étendue à mes yeux révèle ta grandeur,
La terre ta bonté, les astres ta splendeur.
Tu t'ef produit toi-même en ton brillant ouvrage I
L'univers tout entier réfléchit ton image, 5o
Et mon âme à son tour réfléchit l'univers.
Ma pensée, embrassant tes attributs divers,
Partout autour de toi te découvre et t'adore.
Se contemple soi-même, et t'y découvre encore ".
Ainsi l'astre du jour éclate dans les cieux, 55
Se réfléchit dans l'onde et se peint à mes yeux.
C'est peu de croire en toi, bonté, beauté suprême I
Je te cherche partout, j'aspire à toi, je l'aime !
Mon âme est un rayon de lumière et d'amour,
Qui, du foyer divin détaché pour un jour, 6o
De désirs dévorants loin de toi consumée.
Brûle de remonter à sa source enflammée.
Je respire, je sens, je pense, j'aime en toi !
Ce monde qui te cache est transparent pour moi ;
C'est toi que je découvre au fond de la nature, 65
C'est toi que je bénis dans toute créature.
Pour m'approcher de toi, j'ai fui dans ces déserts ;
Là, quand l'aube, agitant son voile dans les airs,
Entrouvre l'horizon qu'un jour naissant colore,
Et sème sur les monts les perles de l'aurore, 70
Pour moi c'est ton regard qui, du divin séjour,
S'enlr'ouvre sur le monde et lui répand le jour;
Quand l'astre à son midi, suspendant sa carrière,