Tirant, rapportant. V. IV. 129 (note
Ci. Par degré, au singulier pour la rime. Cf. XV, 2^4; XXIV, 18 • XXXVIlI.SîrparintervaUe; X\[V, io, 2i3: par mille.
'^ti-'j^. Pytharjore, Socrale, Platon. Aucun philosophe païen n'a eu J.'' pleine notion d'un Dieu unique telle que devait la répandre le christianisme. Mais toute philosophie spiritualiste y tend par csscnre. Nous avons d -jà noté l'influence du platonisme sur la pensée reliijicusc de Lamartine. Quant
Que Socrate annonçait, qu'entrevoyait Platon ; /S
Ce Dieu que l'univers révèle à la raison,
Que la justice attend, que l'infortune espère.
Et que le Christ enfui vint montrer à la terre !
Ce n'est plus là ce Dieu par l'homme fabriqué,
Ce Dieu par l'imposture à l'erreur expliqué,
Ce Dieu défiguré par la main des faux prêtres.
Qu'adoraient en tremblant nos crédules ancêtres :
Il est seul, il est un, il est juste, il est bon ;
La terre voit son œuvre, et le ciel sait son nom 1
Heureux qui le connaît ! plus heureux qui l'adore ! 85
Qui, tandis que le monde ou l'outrage ou l'ignore,
Seul, aux rayons pieux des lampes de la nuit,
S'élève au sanctuaire où la foi [introduit.
Et, consumé d'amour et de reconnaissance,
Brûle, comme l'encens, son âme en sa présence I 90
Mais, pour monter à lui, notre esprit abattu
Doit emprunter d'en haut sa force et sa vertu ;
11 faut voler au ciel sur des ailes de flamme :
Le désir et l'amour sont les ailes de l'âme.
Ah! que ne suis-je né dans l'âge où les humains, gj
Jeunes, à peine encore échappés de ses mains,
Près de Dieu par le temps, plus près par l'innocence,
Conversaient avec lui, marchaient en sa présence !
Que n'ai-je vu le monde à son premier soleil I
Que n'al-je entendu l'homme à son premier réveil 1 100
Tout lui parlait de toi, tu lui parlais toi-même;
L'univers respirait ta majesté suprême;
La nature, sortant des mains du Créateur,
Étalait en tous sens le nom de son auteur :
hti g^radation qu'il cherche à étahlir ici entre Pylhagore, Socrate, Platon. ellcost nureiiient artificielle. Socrate, en particulier, n'a jamais « annonce " l^ii'u à l'a façon d'un prophète ; mais Lamartine a toujours eu la tentation (le faire de lu' un précurseur du christianisme, et comme un chrétien avint le Christ (v. la Mort de Socrate).
(|3. Ailes de flamme. Même idée et môme expression qu'au v. io (ailes do feu].
Ce nom, caché depuis sous la rouille des âgés, io5
En traits plus éclatants brillait sur tes ouvrages; L'homme dans le passé ne remontait qu'à toi ; 11 invoqujiit son père, et tu disais: « C'est moi. »
Longtemps comme un enfant ta voix daigna l'instruire,
Et par la main longtemps tu voulus le conduire. no
Que de fois dans ta gloire à lui tu t'es montré.
Aux vallons de Scnnar, aux chênes de Membre,
Dans le buisson d'Horeb, ou sur l'auguste cime
Où Moïse aux Hébreux dictait sa loi sublime !
Ces enfants de Jacob, premiers-nés des humains, n5
Reçurent quarante ans la manne de tes mains :
ïu frappais leur esprit par tes vivants oracles ;
ïu parlais à leurs yeux par la voix des miracles ;
Et loi-squ'ils t'oubliaient, tes anges descendus
Rappelaient ta mémoire à leurs cœurs éperdus. 120
Mais enfin, comme un fleuve éloigné de sa source,
Ce souvenir si pur s'altéra dans sa course ;
De cet astre vieilli la sombre nuit des temps
Éclipsa par degrés les rayons éclatants.
Tu cessas de parler : l'oubli, la main des âges, iî5
Usèrent ce grand nom empreint dans tes ouvrages;
Les siècles en passant firent pâlir la foi ;
L'homme plaça le doute entre le monde et toi.
Oui, ce monde. Seigneur, est vieilli pour ta gloire ;
Il a perdu ton nom, ta trace et ta mémoire ; i3o
iij. Sennar (Sennaar ou Schlncar), nom donné par les Hébreux à la plaine où séjournèrent les hommes depuis le Déluge jusqu'à la construction de la tour de Babel (^Genèse, XI, 2). D'après la Bible (ibid., 5), l'Eternel y descendit. C'était probablement la plaine de Babylonie. — Membre (ou Mamré), chênaie près d Hébron où Abraham vint séjourner après sa séparation d'avec Loth. D'après la Bible (^Genèse, XVIII, i). Dieu y apparut.
ii3. Horeh, montagne du désert do Sinaï (Arabie Pétrée), où, selon la Bible, Moïse vit Dieu dans un buisson ardent (^Exode, III, 2 et suiv, ; cf. Deutôronome, Y, 2). — L'auguste cime : le mont Sinaï (ou Sina), au sud-est de l'Horeb, C'est sur le Sinaï, d'après la tradition juive, que Dieu, s'étant manifcsié à Moïse au milieu du tonnerre et des éclairs, lui dicta sa loi (Exode. XIX et suiv.). Certains interprètes assimilent l'Horeb et le Sinaï da la Bible.