‹ PoésieChapitre 86 sur 274 · Hymette. Y. XI, i (note · texte numérisé non relu

Hymette. Y. XI, i (note

7. Cithéron (et non Cythéron), montagne de Béotie (auj. Elatcas). 18. Murmure. V. XI, 20 (note).

Comme fait à l'autel le sacrificateur,

Il puisa dans ses mains le flot libérateur, ao

' Et, le versant trois fois sur son front qu'il inonde, j Trois fois sur sa poitrine en fil ruisseler l'onde ; ', Puis, d'un voile de pourpre en essuyant les flots, l Parfuma ses cheveux, et reprit en ces mots : ' « Nous oublions le Dieu pour adorer ses traces. a5

Me préserve Apollon de blasphémer les Grâces,

Ilébé versant la vie aux célestes lambris.

Le carquois de l'Amour, ni l'écharpe d'Iris,

Ni surtout de Vénus la riante ceinture

Qui d'un nœud sympathique enchaîne la nature, 80

Ni l'éternel Saturne, ou le grand Jupiter,

Ni tous ces dieux du ciel, de la terre et de l'air :

Tous ces êtres peuplant l'Olympe ou l'Elysce

Sont l'image de Dieu par nous divinisée.

Des lettres de son nom sur la nature écrit, 35

Une ombre que ce Dieu jette sur notre esprit.

A ce titre divin ma raison les adore,

Comme nous saluons le soleil dans l'aurore;

Et peut-être qu'enfin tous ces dieux inventés,

ai. Inonde. V. XI, ao (note), et, pour la rime, II, 20-26 (note). // reprcgente le flot. — Tous ces détails ne sont pas dans Platon, chez qui Sociale quitte ses amis pour aller se baigner dans une salle voisine, accompagné du seul Criton. Lamartine, préoccupé d'idées chrétiennes, a vu dans ce « bain » de Socrate une sorte d'image anticipée du baptême. Do là le flot libéralear du vers 20.

a6. Apollon, dieu de la poésie et des présages. Socrate professait pour lui une adoration particulière. V. XI, 6i et XII, i5 (notes). — Les Grâces, au nombre de trois, faisaient partie du cortège do Vénus : c'étaient des déesses de la joie.

27. Hébé, jeune et belle .déesse, qui servait à boire aux dieux dans l'Olympe. — Lambris : palais (style de la poésie classique).

28. Le dieu Éros, personnification de l'amour, était représenté avec un carq\iois et des flèches. — Iris, messagère des dieux de l'Olympe, avait l'arcen-cicl pour écharpe.

29. La ceinture de Vénus était une sorte de talisman donnant une irrésistible pui.'-sancc de séduction à la personne qui en était ornée. Lamartine en fait ici le symbole même de l'atnour. — Uiunle. Var. : brillante.

3i. Éternel. Saturne, toujours représenté sous les traits d'un vieillard. e>t souvent considéré comme le dieu du Temps.

33. Elysée on Chainps-Llysées, région des Enfers où se réunissaient Ica âmes vertueuses. Ici, les Enfers en général.

31. Entendez : sont autant d'im:i;^os dv. Dieu, dont nous faisons des diçui ^istiocts.

IL N'Y A QUX'N DIEU 59

Cet enfer et ce ciel par la lyre chantés, lio

Ne sont pas seulement des songes du pc'iiie,

Mais les brillants degrés de réchellc infinie

Qui, des êtres semés dans ce vaste univers,

Sépare et réunit tous les astres divers.

Peut-être qu'en edct, dans l'immense étendue, i3

Dans tout ce qui se meut une âme est répandue :

Que ces astres brillants sur nos têtes semés

Sont des soleils vivants et des feux animés ;

Que l'Océan, frappant sa rive épouvantée,

Avec ses flots grondants roule une àme irritée ; 5o

Que notre air embaumé volant dans un ciel pur

Est un esprit flottant sur des ailes d'azur ;

Que le jour est un œil qui répand la lumière,

La nuit une beauté qui voile sa paupière ;

Et qu'enfin dans le ciel, sur la terre, en tout lieu, 55

Tout est intelligent, tout vit, tout est un dieu.

« Mais, croyez-en, amis, ma voix prête à s'éteindre :

Par delà tous ces dieux que notre œil peut atteindre,

Il est sous la nature, il est au fond des cieux,

Quelque chose d'obscur et de mystérieux 60

Que la nécessité, que la raison proclame,

do. Enfer, au singulier, est proprement un terme chrétien. [^l^. Entendez : les astres divers des êtres (c'est-à-dire séjours des élrcs) semés dans l'univers.

48. Animes, au sens propre : doués d'une âme, mus par une âme. 53-54. Entendez : que le jour est la lumière émanant d'un reil divin -, que la nuit se produit quand cet œil d'une divine beauté se ferme. Cf. VIII, G8-72 : ... Quand l'aube, agitant son voile dans les airs. Entrouvre l'horizon qu'un jour naissant colore,... Pour moi c'est ton rcyard qui, du divin séjour, S'entr 'ouvre sur le monde et lui répand le jour; IX, 5o:

Le jour est son regard ;

Page 1