Impalpable : insaisissable, inaccessible
69. Entendez : tout ce qui tombe sous nos sens manifeste sa toufc-puissance de créateur.
73. Cébès, de Tkèbes, un des amis les plus dévoués de Socrate. Il avait écrit trois dialogues philosophiques, que nous ne possédons pas. — Le crime. On a fait remarquer qu'il y avait quelque n.iiveté dans cette « métaphysique de poète ». En tout cas, l'idée du poète a besoin d'être éclaircie. Il veut dire que Dieu, qui est tout « amour n, « créateur de tout bien », n'a pas créé, parallèlement et simultanément, le mal. Le mal est l'œuvre de l'homme ; plus exactement, il est issu du crime, que l'homme, usant de son libre-arbitre, a commis. Le mal est donc un « châtiment légitime », que Dieu laisse en quelque sorte se produire en dehors de lui. Et, si le mal est possible, c'est en raison de l'union adultère de l'esprit avec la matière, de l'âme avec le corps ; la mort y met fin. En un sens la mort est, elle aussi, un châtiment des crimes de l'homme ; en un autre, elle est un remède au mal, puisqu'elle dissocie les deux éléments funestement unis. — Ce sont là, en grande partie, des idées chrétiennes, mais assez voisines de la doctrine platonicienne sur l'origine du mal et les rapports de l'àme et du corps. Il y a un dialogue de Platon où l'incorporation des âmes est présentée comme la conséquence d'une chute : c'est le Phèdre ; il est vrai que le Timèe en donno une autre explication, d'aiirè-! laquelle les âmes « descendent dans les corps » non fiar une .'Orte d'arciilent, mais par une nécessité de leur nature : Dieu inspirerait aux âmes le désir d'entrer dans les corps pour y introduire la vie. Lamartine fait allusion à cette double doctrine (vers 77-82). Quant au mal, Platon professe q\ic le mal de l'.ime provient de son union passagère avec le corps naturellement corruptible. (Cf. Fouillée, la Philosophie de Plalon, t. I, p. 56G ot suiv. ; 580 et suiv.).
74. Mortels est impropre : la race humaine ne devient mortelle qu'à partir de cet instant fatal.
ÎL NT A QU'UN DIEU 6l
Sont nés le même jour : Dieu ne les connaît pas !
Soit qu'un attrait fatal, une coupable flamme,
Ail aUirc jadis la matière vers l'âme ;
Soit plutôt que la vie, en des nœuds trop puissants
Resserrant ici-bas l'esprit avec les sens, 80
Les pénètre tous deux d'un amour adultère,
Ils ne sont réunis que par un grand mystère.
Cette horrible union, c'est le mal ; et la mort,
Remède et châtiment, la brise avec efl"ort.
Mais, à l'instant suprême où'cet hymen expire, 85
Sur les vils éléments l'âme reprend l'empire,
Et s'envole, aux rayons de l'immortalité,
Au monde du bonheur et de la vérité !
c< — Connais-tu le chemin de ce monde invisible ? Dit Cébès ; à ton œil est-il donc accessible ?
— Mes amis, j'en approche ; et pour le découvrir...
— Que faut-il ) dit Phédon. — Être pur et mourir ! »
81. Tous deux: Tesprit d'une part; les sens, c'est-à-dire la matière, le corps, de l'autre.
92. Phédon, d'Elis, ami très aimé de Socrate. Il professa la ptilosophie dans sa ville natale, après la mort de Socrate, et composa des dialogues socratiques, que nous ne connaissons que par de courts fragments.