‹ PoésieChapitre 94 sur 274 · Epuisés: s'é[iuisant à mesure · texte numérisé non relu

Epuisés: s'é[iuisant à mesure

laS. Effort. Le singulier pour le pluriel, à cause de la rime.

137. Ici-bas : dans Ta vie humaine. Le poi'te veut dire que les gém-rali.ins ont beau se succéder, l'existence est touioiiis la même, uiiil'oruie et stérile, ,

On dirait qu'on entend, au séjour des douleurs, Uo

Rouler à flots plaintifs le sourd torrent des pleurs.

Pourquoi gémir ainsi, coninie un souffle d'orage

A. travers les rameaux qui pleurent leur feuillage?...

Pourquoi ce vain retour vers la félicité?

Quoi donc ! ce qui n'est plus a-t-il jamais été? i45

Faut-il que le regret, connue une ombre ennemie,

Vienne s'asseoir sans cesse au festin de la vie,

Kt, d'un regard funèbre eIVrayant les liuinaiiis,

Fasse toujours tomber les cou[)es de louis mains?

Non : de ce triste aspect que ta voix me délivre! iSo

Oublions, oublions: c'est le secret de vivre.

Viens, cbanle, et, du passé détournant mes regards,

Précipite mon ùmc au milieu des hasards 1

De quels sons belli(|ncux mon oreille est frappée I

C'est le cri du clairon, c'est la voix du coursier : i5S

i^io. Aa séjour des douleurs. C'est la clttâ dolente du Dante (Enfer, III, i). — l.n torrent des pleurs estrAchcron (rlc à'"/o;, douleur), ou encore le Coryte (de y.(i)y.O(i), pousser (1rs cris de douleur).

là'i. Il est impossible do ne pas sentir une sorte d'incohérence, de rupture dans la suilo des idées, entre le vers i^'i et le vers itii. L'hypothèse la plus vraiseud}lal)lo est que, dans la composition primitive des Préludes, la pièce intitulée actuellement Tristesse :

« Ramcncz-moi, disais-jc, au fortune rivage, etc. »

occupait la place du deuxième thème actuel (v. l'argument). Celte pièce fait allusion à l'amour du poète pour Graziclla et au bonheur do ce temps nui ne saurait revenir ; elle n'est autre chose qu'un « vain retour vers la félicité », que l'expression d'un regret impuissant. Lamartine, ayant ensuite iritroduit dans les Préludes l^élégie du début inspirée par son amour pour sa femme, en aura éliminé les vers relatifs à Graziclla. Mais, en remnni.int la transition du deuxième au troisième thème, il aura laissé subsister sans y prendre garde des traces de la première version. Du texte primitif il n'a mrdé que les vers i02-i i3 ; il en a repris aussi un peu plus bas une image (v. note suivante). — Les lecteurs qui trouveraient étrange cette néglir'enro du poète peuvent se reporter à la pièce de l'Honime (ci-dessus, II), ou ils trouveront à deux reprises une particularité analogue ("vers 3i et 127). l4g. Fasse tomber toujours les coupes de leurs n^ains. Cf. Tristesse:

S'il faut, sur une terre au bonheur destinée,

Laisser échapper de ma main

Cette coupe que le destin Send)lait avoir pour moi de roses couronnée... <

74 NOUVELLES MÉDITÂT lOiNS POÉTIQUES

La corde de sang Ircinpce Rclcnlit comme l'épéc Sur l'orbe du bouclier.

I,a trompette a jeté le signal des alarmes :

« Aux armes! » et l'éclio répèle au loin : « Aux armes! » 160

Dans la plaine soudain les escadrons épars,

Plus prompts que l'aquilon, fondent de toutes parts,

Et sur les lianes épais des légions mortelles

S'étendent tout à coup comme deux sombres ailes.

Le coursier, retenu par un frein impuissant, i65

Sur ses jarrets plies s'arrête en frémissant;

La foudre dort encore, et sur la foule immense

Plane, avec la terreur, un lugubre silence :

On n'entend que le bruit de cent mille soldats

Marchant comme un seul homme au-devant du Irép.is, 170

Les roulements des chars, les coursiers qui hennissent,

Les ordres répétés qui dans l'air retentissent,

Ou le bruit des drapeaux soulevés par les vents,

Qui, sur les camps rivaux llollant à plis niouvants,

Tantôt semblent, eiillés d'un sounie de victoire, 175

Vouloir voler deux-même au-devant de la gloire,

Et tantôt, retombant le lon-g des pavillons.

De leurs funèbres plis couvrir leurs bataillons.

Ma is sur le front des camps déjà les bronzes grondent :

I'"? tonnerres lointains se croisent, se répondent ; i?o

Des tubes enllammés la foudre avec ell'ort

^ort et frappe en sifflant comme un soufllc de mort ;

i56. La corde de sang Irempée. C'est la Iroisionie corde de lu Ivrfi (ou r?e la harpe) pocliquc, par opposition à la « corde frciiiissanlo » du v. 17 et aux « libres d'uirain » du v. (17.

ir)r(-iGo. Alarmes, armes. V. II, îG-aG (note), et ci-dessous, v. iqq-soo.

i(j3. Mortelles : vouées à la mort. Cf. v. 170.

1O7. La foudre: v. ci-dessous vers i<Si. (Le mot revient aux vers ij)4, ai3, itii.)

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