‹ PoésieChapitre 19 sur 99 · APRES LA FIN · texte numérisé non relu

APRES LA FIN

Triste d avoir vécu, lasse d'avoir gravi L'âpre cime d'où Toeil hébété d'épouvante Contemple le néant du rêve poursuivi;

Mais sereine d'avoir en austère servante Fait sa tâche; attendant son salaire; espérant Que la tombe n'est point fourbe ni décevante;

68 Soirs moroses

Quand elle eut laisse choir en un spasme mourant Son bras faible où Fessai d'un dernier geste avorte Et sa tête avec l'air d'un b'essé qui se rend ;

Quand par sa bouche ouverte afin que Famé sorte Le miroir ne fut plus d aucun souffle terni; Quand un cierge brûla, quand ce fut une morte :

L'œil de la morte, l'œil déjà cave et jauni Pleura. Je vis pleurer cet œil. Telle une épée, Horrible, suinte encore après le duel fini.

O paupière par l'ombre éternelle occupée, Quelle angoisse pleurait ta larme? Nul n'a su Si c'était quelque ancienne espérance trompée,

Morte effrayante! ou ton suprême espoir déçu.

Soirs moroses 6g

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