‹ PoésieChapitre 21 sur 99 · MIROIR BRISÉ · texte numérisé non relu

MIROIR BRISÉ

Les jours que j'ai vécus depuis le jour fatal

Sont comme un haut sentier que^ brusque, un gouffre borne

Va, mon âme ! et te brise en un bruit de cristal.

Ame triste! Jamais la lune ouvrant sa corne

Ne s y mira, jamais le ciel oriental,

Ni le lac forestier bleu sous le frêne et Torne.

Toi seule, clair joyau du diabolique étal, Occupas pleinement sa lucidité morne; Dans le moindre débris, ton reflet vit^ total.

Etj pour bien châtier 1 enfer qui nous suborne,

C'est toi, buveuse d ame et de souffle vital.

Toi, Parque aux yeux de vierge, enfant au cœur de Norne,

Que je rends au centuple à ton gouffre natal!

Soirs moroses

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