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ADORATION

Prêtre, abjure lautel. Vestale^ éteins le feu,

Dans le cercle dont nul n'a marqué le milieu, Et qui, s'élargissant d'étoiles en étoiles, Fuit dans la transparence ironique des voiles, Mon âme résolue a tenté les chemins Du vertige^ au delà des horizons humains. Et remonté le cours de la source première. Qu'a-t-elle vu ? Du vent fuir dans de la lumière^

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Et lorsque plus avant s'ouvrit l'illimité,

Qu'était-ce? encor plus d'air dans bien plus de clarté.

L'âme alors, aux témoins de l'inconnu farouche,

Tremblante, a dit : « Où donc est l'œil, où donc la bouche.

Du regard que je vois, du souffle que je suis ? »

Le jour a répondu : « Je ne sais pas, je luis. »

Le vent a répondu : « Je ne sais pas, je passe. »

Ni rÉtre, seul moment^ seul nombre, seul espace. Où se perd, comme une ombre au soir se mêlerait, Le pénitent nourri des vents de la forêt, Qui laisse, dédaigneux delà vie et de l'œuvre. Dans sa barbe fleurir les ronces, la couleuvre Et l'oiseau se bâtir des nids dans ses cheveux; Ni le morne lavèh qui frappe et dit : « Je veux, Seul éternellement dans mon firmament sombre. Que l'homme, de l'abîme où l'arche même sombre. N'ait qu'un phare, ma gloire au front duSinaï! » Ni Mithra, blanc et pur^ des ténèbres haï; Ni toi qui fuis, voilée en un triple mystère, Vague Isis! ni le souffle enveloppant la terre, Zeus orageux, et ceux que l'adorable Hellas Pleure, ces dieux enfants, ces déesses, hélas! Tous nés dans le Lotus que l'Inde vit éclore, Car Hermès a conquis les Vaches de l'Aurore Et l'écume^ ô Laçkmi, de l'océan lacté Mouille encore les seins neigeux d'Aphrodite ;

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Ni toi-même qui fus doux comme la tendresse Des femmes, et, voyant l'homme errer en détresse Du Baal ammonite auSabaoth hébreu, Pleuras, Emmanuel, de ne pas être Dieu! Ni tous les immortels, Dévas, Démons, Génies, Que tu bénis ou crains, que tu crois ou renies, Esprit humain, chercheur de l'éternelle loi. N'ont pu combler les vœux éperdus de la foi. Et la splendeur du vide emplit les cieux terribles!

Pourtant^ fausses lueurs dans le lointain des bibles. Hôtes des bleus Çwargas et des Ciels radieux, Vous qui n'existez pas, anciens ou nouveaux dieux Pour qui l'aube se lève ou que le couchant dore, Forces! Gloires! Beautés! Rêves î Je vous adore.

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