APRÈS LE BAIN
Sous le grand ciel lisse L'océan se plisse Comme un beau camail Lamé d'émail.
Ta nudité blanche, Bras, épaule, hanche.
Surgit lentement Du flot dormant.
Intermède ill
Mais la malakite Fluide ne quitte Ton jeune sein pur Qu'en pleurs d'azur.
Et Tonde où nous fûmes Argenté d'écumes L'or des sables blonds.
Sous tes talons.
Oh! dis-moi que l'onde N'est pas si profonde Ni si pur, le jour, Que ton amour !
Vois aux lointains troubles Fuir ces voiles doubles Que pousse en avant Le même vent,
Et dis-moi : « Comme elles.
Nos âmes jumelles Vont d'un vol uni
Vers l'infini! »
Intermède
L'eau monte et caresse Comme avec tendresse De ses flots menus Tes chers pieds nus.
Reste à cette place Où t'a mise, lasse, Le flux qui roulait Ton corps de lait.
Mon baiser qui frôle Ton humide épaule, Plus chaud que la mer, N'est pas amer.
Rappelle-toi Theure Du bonheur qui pleure, Où tu soupiras Entre mes bras.
L'eau verte prolonge Son étreinte, songe Aux enlacements Des soirs aimants.
Intermède 179
Lorsqu'à ton oreille Ma voix est pareille Au bruit haletant Du flot montant!
La vague plus haute Crie, écume, saute, Comme un chien jaloux, Sur tes genoux.
Frileuse, arrosée Par l'âpre rosée.
Tu dis : « Viens plus près!
Car 1 air est frais. »
Je souris. Tu penses Que les transparences De tes yeux subtils Ont leurs périls...
Mais d un bond s'élève Le flot sur la grève Jusqu'à diviser Notre baiser.
i8o Intermède
Ah! chère inhumaine, Tu ris? Je t'emmène.
Les bois ténébreux Sont amoureux.
Intermède