L'ENNEMIE
O toi ma vie, ô toi mes cieux, Je hais ton front, je hais ta lèvre Et tes yeux qui donnent la fièvre Comme des lacs pernicieux.
Je maudis mon âme asservie Dans tes profonds cheveux de jais, Et, tout entière, je te hais, O toi mes cieux, ô toi ma vie !
Philoméla 273
Mais non, je mens, tu le sais bien; Mon être a dans toi ses racines, Et vainement tu lassassines Et tu le damnes, il est tien.
J aime ton front, tes yeux, ta joue, O mon enfer, ô mon trépas.
Et tes cheveux qui ne sont pas De ces liens que Ton dénoue.
Le mal m'est doux, le joug m'est cher, Et jusqu'au jour du cimetière Je t'adorerai tout entière, O mon trépas, ô mon enfer!
274 L^^ premiers vers