‹ PoésieChapitre 63 sur 99 · LE BÉNITIER · texte numérisé non relu

LE BÉNITIER

à Léon Cladel

L'enfer qui donne aux lys le poison des ciguës A mis en Elle un charme exécrable et vainqueur; Avec sa dent de neige aux morsures aiguës Cette méchante femme a déchiré mon cœur.

Dans ma lâche poitrine elle a fait une brèche Afin de déchirer mon cœur^ et c'est son jeu Familier d'y planter son doigt comme une flèche î Elle a l'humeur joyeuse et ne croit pas en Dieu.

Philoméla 271

On ne la vit jamais se signer^ accourue Dans l'église à Tappel désespéré du glas; Lorsque les corbillards défilent dans la rue^ Elle a des mots charmants qui font rire aux éclats.

La nuit, dans les langueurs chaudes de l'insomnie, Elle quitte parfois ma couche, et les démons L'accueillent à la fête énorme où communie Le peuple des damnés éperdus sur les monts!

Et quand l'aurore a terrassé la messe noire, L'infâme dans mon cœur saignant, saignant toujours. Afin de compléter le rit blasphématoire. Trempe son ongle rose et se signe à rebours.

272 Les premiers j'crs

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