LE BÉNITIER
à Léon Cladel
L'enfer qui donne aux lys le poison des ciguës A mis en Elle un charme exécrable et vainqueur; Avec sa dent de neige aux morsures aiguës Cette méchante femme a déchiré mon cœur.
Dans ma lâche poitrine elle a fait une brèche Afin de déchirer mon cœur^ et c'est son jeu Familier d'y planter son doigt comme une flèche î Elle a l'humeur joyeuse et ne croit pas en Dieu.
Philoméla 271
On ne la vit jamais se signer^ accourue Dans l'église à Tappel désespéré du glas; Lorsque les corbillards défilent dans la rue^ Elle a des mots charmants qui font rire aux éclats.
La nuit, dans les langueurs chaudes de l'insomnie, Elle quitte parfois ma couche, et les démons L'accueillent à la fête énorme où communie Le peuple des damnés éperdus sur les monts!
Et quand l'aurore a terrassé la messe noire, L'infâme dans mon cœur saignant, saignant toujours. Afin de compléter le rit blasphématoire. Trempe son ongle rose et se signe à rebours.
272 Les premiers j'crs