TEN-SI-0-DAI-TSIN
Ten-si-o-daï-tsin, Lumière souveraine, Tu portes un ruban d'étoiles à ton cou, Et le rouge soleil qui luit sur Naïkou N'est qu'un de tes regards, ô prunelle sereine!
Mais tu hantes parfois la Grotte souterraine. Et le haut ciel revêt, sous le vol du hibou, La désolation sinistre d'un grand trou Sans bornes et qu'aucun rayon ne rassérène!
Mon âme sur qui pèse un étrange sommeil. Mon âme aussi, de Tombre hôtesse coutumière, A des nuits sans étoile et des jours sans soleil.
Je voudrais te revoir comme à 1 aube première Et baiser chastement ton sidéral orteil, Ten-si-o-daï-tsin, souveraine Lumière!
3 1 6 Les p rem iers vers
VIDUITE
Je suis pareil à ce nid d'hirondelle
Qui resta vide au retour des hivers;
Sous les grands toits que la neige a couverts
Plus de baisers, de chants, ni de bruits d'aile.
Je suis pareil à cette citadelle Abandonnée après de longs revers, Murs dégradés, par la mitraille ouverts, Et que le temps à son tour démantèle.
Mais, le nid veuf, la brise le ravit ; Le mur s'écroule enfin, la place forte Est un rocher que le passant gravit;
Moi seul j'attends un souffle qui m'emporte : Depuis longtemps déjà mon âme est morte, Et mon cadavre obstiné me survit!
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