‹ Poésie, en vers françaisChapitre 25 sur 45 · LE SOIR DU JOUR DE FÊTE · texte numérisé non relu

LE SOIR DU JOUR DE FÊTE

Il chante en regagnant sa modeste demeure; Content du jour, heureux des fruits de la saison,

Il se hâte au repos vers sa chère maison.

Et moi, le cœur me serre à voir comme tout passe, Tout passe dans ce monde et sans laisser de trace! Il s’est enfui ce jour de fête, et d’autres jours

Le suivront pleins d’ennuis, laborieux et lourds.

Le temps emporte tout dans son vol fatidique.

Où donc est maintenant ta voix, Ô monde antique! O puissance de Rome et de nos grands aïeux!

Et ce bruit triomphal des armes et des guerres Dont la terre et les mers retentissaient naguères! Tout s’est éteint, tout dort, tout est silencieux : Sur un monde effacé vit un monde oublieux.

Dans mon jeune âge, au temps où l’enfance inquiète Attend fiévreusement l’aube d’un jour de fête, Quand s'était envolé ce jour tant attendu,

Morne et seul, sans sommeil, sur ma couche étendu, Alors comme à cette heure, au milieu du silence Des nuits, un chant lointain qu’assoupit la distance, ÂArrivant jusqu’à moi, berçait mon vague ennui:

Il moppressait le cœur alors comme aujourd’hui.

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