Poéries eompUteê. — Melmnis. — les Tra litionneUes
missions obstacle. Nous n'épitapherions pas leur néant. Malheureusement un bulletin bibliographique ne se fait pas uniquement avec du libre arbitre et de l'intelligence; il doit subir Tordre ou le désordre des publications de chaque jour. Il faut qu'elles viennent comme elles peuvent s'entasser et se presser dans ce cadre étroit, kaléidoscope sans éclat et sans variété de sottises et de choses médiocres ! Il est des badauds ou des railleurs qui appellent cela donner une idée de la marche de Tesprit humain.
Parmi les tard venus à cette place, il en est un pour lequel le succès est partout venu vite, et qui pourrait s'appeler, comme Masséna, V en faut chéri de laVictoire. Ce n'est pas cependant littérairement un Masséna ni rien qui y ressemble, un de ces esprits obligés à se battre en lion pour conquérir dans la littérature une place d'où l'on ne descend plus. Emile Augier est un type de talent moins combatif et plus doux. Dernièrement nommé à l'Académie, Augier est entré là comme il est entré au théâtre, comme il est entré dans la faveur de l'opinion. Il ne s'est donné que la peine d'entrer, voilà tout I En ce moment, ne passe-t-il pas pour le premier poète comique de ce temps, — peu
comique d'ailleurs? Il est vrai que Picard et Collin dHarleville passèrent aussi pour de grands poètes comiques, et n'ont plus aujourd'hui qu'un nom qui finira par sombrer aussi comme leurs œuvres.
Du reste, nous n'avons pas à juger ici l'écrivain dramatique. Il appartient à une autre plume que la nôtre. Mais l'auteur de La Ciguë et de Gabrielle ne se contente pas d'être un faiseur de comédies faciles, un Aristophane inoffensif et lâché d'une époque qui n'aime l'énergie que sous les murs de Sébastopol : il est aussi poète lyrique et élégiaque à ses heures. Il a publié un volume qu'il intitule, avec assez de fatuité : Poésies complètes (1), et dans lequel l'esprit de l'auteur et ses forces vives se sentent mieux. On en est plus près. Le théâtre est le pays des illusions ; on a celle de la perspective ; on a le magique truchement de l'acteur quand il sait bien dire ; on aie métier, les rubriques du métier, qu'on y prend si souvent pour du talent et de l'invention, car on ne sait pas assez de quels trucs et de quelles vieilles surprises connues, et faisant toujours le même efTet sur l'infatigable public, se composent la plupart des œuvres qu'on y applaudit. Ce jeu de cartes biseautées se coupe toujours de la même façon, tandis que, hors la scène, il faut au moins une inspiration personnelle d'une valeur quelconque et une puissance relative de langage,