Lévy frères
font partout, car le sang et les larmes coulent partout, et les vers, quand ils sont beaux, ne sont que cela, — sang et larmes 1 Mais Louis Wihl n'est pas qu'un poète. C'est un savant. 11 a déjà publié quelque chose d'infiniment remarqué sur les Origines phéniciennes^ et, pour achever ce travail d'une érudition transcendante, il faudrait qu'il fût mieux assis que sur l'escabeau que l'Université de France lui a aumône, croyant n'avoir affaire ni à un fort savant ni à un grand poète. Adam Mickiewicz, dans son temps, a été plus heureux... Mais si, dans le sien, Duruy, l'homme des initiatives, mais que j'estime, moi, pour ce crâne amour des initiatives, en prenait une généreuse vis-àvis de Louis Wihl, qui a besoin de Paris pour ses travaux, Duruy honorerait également le talent, le malheur et son ministère...
Maintenaot, excepté les vers, tout est publié de cet écrivain, que I'od peut, par conséquent, juger, et c'est l'heure, en effet. Elle est enfin venue. Jusqu'ici on n'a fait que trois choses : on l'a aimé, on l'a vanté, et on l'a plaint. Il avait été de la première réquisition romantique; ilavait fait partie des véli tes de 1830. Ses amisde ce temps-là, devenus maintenant ce que Balzac, qui agrandissait tout, appelait des maréchaux littéraires, se sont souvenus et ont parlé de lui comme de vieux maréchaux de l'Empire auraient pu parler du jeune Marceau, quoiqu'il ne fût, ni par le mérite ni par la jeunesse, un Marceau littéraire quand il mourut. Sa