Poésies du l'Empire Français {Pays, 15 septembre
2. Barbey d'Aurevilly ne faisait la critique littéraire dans le Pays que depuis le 6 novembre 1852.
vieillesse, les beaux vers deviennent de plus en plus rares ; les âmes tarissent, les imaginations se décolorent, et ce douloureux et magnifique oiseau, au bec lumineux, à la gorge teinte de la pourpre éclatante de son cœur : la Poésie, meurt, étouffé sous le large pouce de ces intérêts matériels dont la main brutalise à cette heure les plus pures et les plus fortes intelligences... Seulement, s'il y avait à faire une exception en faveur des poésies sur lesquelles les reflets d'un enthousiasme sincère se voyaient encore, n'était-ce pas en faveur de celles qui s'étoilent d'un nom glorieux et s'appellent Poésies de l'Empire (1)?
Quel que fût le poète, en effet, nous ne pouvions laisser passer, sans le signaler, un livre qui portait sur sa première page un titre à la hauteur duquel ce serait assez, pour la gloire d'un homme, de monter et de se maintenir ! Les Poésies de V Empire, qu'est-ce à dire, sinon les poésies d'un temps qui fut tout poésie, d'un temps que la raison sans doute peut juger plus ou moins sévèrement dans ses excès ou dans ses fautes, mais que l'imagination subjuguée amnistiera toujours en l'admirant ! A part toute opinion politique, et pour qui ne veut voir que les grands effets et la beauté des choses telle que les artistes et les poètes la comprennent, nulle période dans le monde moderne ne fut poétiquement supérieure à cette pé-