t Chants du Peuté {J*a>ji, 20 juillet
cachées sous le foin de leur gazon que leur parfum ne les trahit pas.
Mais aujourd'hui nous avons mieux que cette espèce de fleurs, inodore et incolore! Aujourd'hui, par un hasard heureux, les deux poètes dont nous avons à parler tranchent vivement sur le fond vulgaire des rimeurs contemporains, et sont vraiment dignes du regard et du jugement de la Critique. Quoique publiés à des époques distantes, leurs recueils portent le même millésime. Par un autre hasard encore, ces deux poètes se recommandent par des qualités si diflérentes, ils forment entre eux une telle antithèse de talent et de manière, que les opposer dans un étroit vis-à-vis c'est, comme on dit en peinture, les repousser l'un par l'autre ; c'est donner plus de précision à leur examen ; et faire mieux sentir le prix de ce que tous les deux possèdent et de ce qui manque à chacun d'eux.
Les Chants du Passé (l), du comte de Gramont, sont un de ces livres qui méritent leur nom mélancolique, et qui devraient l'illustrer. Tout y est effet du passé, tout, jusqu'au langage, jusqu'à la forme, qui est la fille de la Renaissance, — et ceci pour nous est un reproche ! — mais qui, du.moins, au cinquième livre du recueil, s'essuie et se purifie des baisers impurs de sa mère aux pieds sanglants du Crucifix. Inspiration personnelle ou sociale, regret du cœur, perspective de