‹ Poésie (volume 2)Chapitre 1 sur 99 · Poésie · texte numérisé non relu

Poésie

A cet appel, sans cesse répété Par la vieille marchande à la voix âpre et claire, Je faisais halte au coin du faubourg populaire Dont les vitres flambaient dans le soleil couchant, Et prenais un journal pour le lire en marchant. Ce n'est pas que je sois ardent en politique :

CONTES EiN VERS.

Les révolutions rendent un peu sceptique; Mais, par vieille habitude et besoin machinal, Je parcours volontiers, tous les soirs, un journal, Pour savoir si l'on va changer ou non de maître, Comme avant de sortir on voit le baromètre.

— « Demandez les journaux... le Temps... le Moniteur... »

Et, prenant le paquet tout Irais, que le porteur Lui jetait, en courant, dans sa pauvre boutique, La bonne femme, active à servir la pratique, Derrière un vasistas ouvert sur le trottoir Se démenait, cherchait des sous dans son tiroir, Et vendait, d'une humeur absolument égale, Papier conservateur ou feuille radicale;

— Et, lorsque je prenais un journal, au hasard :

— ce Ah ! vous voilà, monsieur ! Vous arrivez bien tard ; — Disait-elle gaiement. — Voyez ! ma vente est faite. Je n'ai plus qu'un Pays et que deux Estafette...

Et c'est toujours ainsi, lorsque les députés, Comme ils ont fait hier, se sont bien disputés, Et quand on dit qu'on va changer le ministère. »

Quelquefois, je causais, auprès de Inventaire,

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