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FÉVRIER

Hélas! dis-tu, la froide neige Recouvre le sol et les eaux :

Si le bon Dieu ne les protège, Le printemps n'aura plus d'oiseaux !

Rassure-toi, tendre peureuse ; Les doux chanteurs n'ont point péri.

Sous plus d'une racine creuse Ils ont un chaud et sur abri. k

Là, se serrant l'un contre l'autre, Et blottis dans l'asile obscur, Pleins d'un espoir pareil au nôtre, Ils attendent l'Avril futur;

Et, malgré la bise qui passe Et leur jette en vain ses frissons, Ils répètent à voix très basse Leurs plus amoureuses chansons.

Ainsi, ma mignonne adorée, Mon cœur, où rien ne remuait, Avant de t'avoir rencontrée, Comme un sépulcre était muet;

Mais quand ton cher regard y tombe, Aussi pur qu'un premier beau jour, Tu fais jaillir de cette tombe Tout un essaim de chants d'amour.

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