‹ PoésieChapitre 108 sur 128 · AVRIL · texte numérisé non relu

AVRIL

Lorsqu'un homme n'a pas d'amour, Rien du printemps ne l'intéresse ; Il voit même sans allégresse, Hirondelles, votre retour;

Et, devant vos troupes légères Qui traversent le ciel du soir, Il songe que d'aucun espoir Vous n'êtes pour lui messagères.

i'OLSIE. — II. î

Chez moi, ce spleen a trop duré, Et quand je voyais dans les nues Les hirondelles revenues, Chaque printemps, j'ai bien pleuré.

Mais, depuis que toute ma vie A subi ton charme subtil, Mignonne, aux promesses d'Avril Je m'abandonne et me confie.

Depuis qu'un regard bien-aimé À fait refleurir tout mon être, Je vous attends à ma fenêtre,

Chères voyageuses de Mai.

Venez, venez vite, hirondelles, Repeupler l'azur calme et doux.

Car mon désir qui va vers vous S'accuse de n'avoir pas d'ailes.

Page 1