‹ PoésieChapitre 28 sur 128 · AUBADE PARISIENNE · texte numérisé non relu

AUBADE PARISIENNE

Pour venir t' aimer, ma chère, Je franchis les blancs ruisseaux, Et j'ai l'âme si légère Que j'ai pitié des oiseaux.

Quel temps fait-il donc? Il gèle, Mais je me crois au printemps.

Entends-tu, mademoiselle?

Tu m'as rendu mes vingt ans.

Tu m'as rendu ma jeunesse; Ce cœur que je croyais mort, Je veux pour toi qu'il renaisse ; Écoute, comme il bat fort !

Quelle heure est-il? Tu déjeunes; Prends ce fruit et mords dedans.

C'est permis, nous sommes jeunes.

Et j'en mange sur tes dents.

Parle-moi, dis-moi des choses.

Je n'écoute pas, je vois S'agiter tes lèvres roses Et je respire ta voix.

Je t'aime et je t'aime encore ; A tes pieds je viens m'asseoir.

Laisse-moi faire; j'adore Le tapis de ton boudoir !

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