‹ PoésieChapitre 35 sur 128 · DOULEUR BERCÉE · texte numérisé non relu

DOULEUR BERCÉE

Toi que j'ai vu pareil au chêne foudroyé, Je te retrouve époux, je te retrouve père ; Et sur ce front songeant à la mort qui libère. Jadis le pistolet pourtant s'est appuyé.

Tu ne peux pas l'avoir tout à fait oublié :

Tu savais comme on souffre et comme on désespère;

Tu portais dans ton sein l'infernale vipère

D'un grand amour trahi, d'un grand espoir broyé.

DOULEUR BERCEE. 71

Sans y trouver l'oubli, tu cherchais les tumultes, L'orgie et ses chansons, la gloire et ses insultes, Et les longues clameurs de la mer et du vent.

Qui donc à ta douleur imposa le silence ?

— 0 solitaire, il a suffi de la cadence

Que marque le berceau de mon petit enfant.

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