‹ PoésieChapitre 36 sur 128 · BLESSURE ROUVERTE · texte numérisé non relu

BLESSURE ROUVERTE

0 mon cœur, es-tu donc si débile et si lâche, Et serais-tu pareil au forçat qu'on relâche Et qui boite toujours de son boulet traîné ? Tais-toi, car tu sais bien qu'elle t'a condamné. Je ne veux plus souffrir et je t'en donne l'ordre. Si je te sens encor te gonfler et te tordre, Je veux, dans un sanglot contenu, te broyer; Et l'on n'en saura rien, et, pour ne pas crier, On me verra, pendant l'effroyable minute, Serrer les dents ainsi qu'un soldat qu'on ampute.

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