‹ PoésieChapitre 51 sur 128 · DESIR DANS LE SPLEEN · texte numérisé non relu

DESIR DANS LE SPLEEN

Je voudrais quelquefois que ma fin fût prochaine; Et tous ces souvenirs, jadis délicieux, Je les repousse, ainsi qu'on détourne les yeux Du portrait d'un aïeul dont le regard vous gêne.

Même du vieil amour qui m'a tant fait pleurer Plus de trace en ce cœur, blasé de toute chose, — Pas plus que n'a laissé de trace sur la rose L'ombre du papillon qui vient de l'effleurer.

0 figure voilée et vague en mes pensées, Rencontre de demain que je ne connais pas, Courtisane accoudée aux débris d'un repas Ou jeune fille blanche aux paupières baissées,

Oh! parais ! si tu peux encore électriser Ce misérable cœur sans désir et sans flamme, Me rendre l'infini dans un regard de femme, Et toute la nature en fleur dans un baiser.

Viens ! Comme les marins d'un navire en détresse Jettent, pour vivre une heure, un trésor à la mer, Viens ! je te promets tout, âme et cœur, sang et chair, Tout, pour un seul instant de croyance ou d'ivresse.

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