SOIR TRINITAIRE I4I
La deuxième S3 voue aux candeurs équivoques ; •Or ses yeux où l'ennui d'étangs dorés s'évoque — Eau morne reflétant des villes à l'envers — •Sa bouche, miel en feu qui fleure les fruits verts Et ton nimbe nocturne, ô sa folle toison, C'est le charme ambigu d'un très jeune garçon.
Voici ce qu'en des yeux de brume et d'Au-delà,
-Mes yeux de convoitise ont lu cette nuit là :
« Je suis la tierce amie et je garde en mon âme
Un peu de la légende apprise à toi, jadis ;
Azur inespéré de l'encre et du calame
Je suis la fleur étrange éclose aux manuscrits ;
Blancheur dès les parcs blancs où la perçut un songe,
Je suis la figurine au sourire vaincu ;
Rythme ancien dont persiste l'inattendu,
Mon âme pour ton âme éprise de mensonge.
Et puis un doigt d'éclair désigne tout là-bas
Une attente affolée et d'autres bras tendus —
Contemple-moi la coupe où tu ne boiras plus :
Je suis Celle qui passe et ne s'arrête pas. »
Reines de mon silence, ô Sœurs que pérennise JL'instant qui mûrit aux treilles d'éternité
Par VOS torses cabrés en pâle trinité,
L'Unique règne en vous dont s'embrase l'emprise
Sur mon âme immobile et de minuit : flux d'astres
Epars au fond d'un ciel de pourpres déchirées,
Ruine antérieure et Babel foudroyée...
Les yeux jaunes d'un sphinx surveillent son désastre^
Puis elle est un jardin hanté de songes morts, Aromates trop lents que stimule le soir ; Une valse bleu sombre où tintent des clous d'or Les roule raviver en de lourds encensoirs Votre présence, ardeur qui flamboie en aurore.
Mystère qu'une mer homicide investit,
Triple idole debout sur des mondes détruits,
Mes regards, fleuve noir riche d'ambres et d'herbes^
Enlacent le jardin qui saigne de glaïeuls.
Entre : l'heure t'adore et d'un frisson t'accueille,
Dodone séculaire inclinant sa superbe,
Mes chênes vers ta face ont des gestes d'aïeuls
Et mes pollens fiévreux s'expirent des calices.
Ecoute palpiter le sommeil de mes lys.
Ecoute mon amour pleurer dans les bassins,