foret fas flere allitération forte et redoublée
2. — Gamenae, poetam Wordsworth, p. 580, signale avec raison la présence simultanée des deux mots : Camenae, le nom latin des muses ; poeta, l'expression grecque, le poète (artiste). Vates ne s'employait pas en ce temps là pour dire le poète (inspiré) ; il était réservé aux devins chantant leurs oracles, et c'est ainsi que l'entendra encore Ennius ; mais, lui, il nommera les muses de leur nom grec (Ann. 226 suiv., éd. L. Mùller) :
Scripsere alii rem Vorsibns quos olim Faunei vutesque canebant,
(i) Ces mots ne prouvent pas en eux-mêmes que Névius fût Campa nien, l'expression superbia Campana ayant un caractère proverbial, Cic. De lege agrar. II, 91 (cf. même ouvr. I, 20) et Tite-Live IX, 6, 5, et le nom de Névius n'étant pas étranger à Rome, Varr. De Ling. lat. V, i63.
Cuin neque musarum scopulos quisquam superarat Nec dictî studiosus crat.
3. — Orci Orchi Hertz, L. Mùller (1); orcino Egger. — Les mss. d'Aulu-Gelle donnent orcho (le Vaticanus 3452 horcho); un ms. perdu, le Buslidianus, avait orchi; pour la suppression de h, voy. O. Ribbeek, Proleg. in Verg., p. 128 et 423; cf. L. Havet, De SaL, p. 330.
4. — loquier ces infinitifs passifs en — ier étaient encore employés, de loin en loin, à l'époque classique, pour donner au vers un caractère de solennité par archaïsme ; Virgile en offre 6 exemples ; Cicéron, 5 dans sa traduction d'Aratos ; on n'en compte pas moins de 46 chez Lucrèce. Le dernier exemple épigraphique est dans la Lex repetundaram (123-122 av. J.-C.)
lingua latina latina lingua Egger.
W. Christ (Metr. der Griech. und Rom., § 432 à la fin), pour une raison de métrique, et après lui L. Mùller écrivent ainsi ce vers :
Oblili Romae loquier sunt latina lingua.
(i) Ce dernier demande, en note, s'il ne faudrait pas lire poslquamd est.
Postqimm est mortem aptus Plautus,Comoedia luget Scaena est déserta, dein Risus, Ludus Jocusque Et numeri innumeri simul omnes conlacrimarunt.
Wordsworth, p. 328 et 605; Nake Carm. Val. Catonis, p. 47 ; M. Hertz, A. Gell. N. A.\, 24, 3 appar. crit.
Plaute est mort en 184 av. J. C. (Cic. Brut. ,60) ; cette épitaphe appartiendrait donc probablement à une des cinq ou six années qui ont précédé 184 ; mais son authenticité est bien douteuse. Aulu- Gelle, I, 24, 3, ne se rend qu'à regret à l'autorité de Varron : Epigramma Plauti, quod dubitassemus an Plauti foret, nisi a M. Varrone position esset in libro de poetis primo.
Le fait qu'elle est écrite en hexamètres dactyliques (1) éveille déjà le soupçon ; toutefois, ne nous montrons pas plus difficiles qu'Aulu-Gelle, et constatons en tout cas que l'opinion de Varron prouve l'ancienneté de ces vers : qu'ils aient été ou non gravés sur son tombeau, ils sont, si Plaute n'en est pas l'auteur, à peu près contemporains de sa mort.
Le deuxième vers offre une difficulté ; ce n'est pas la quantité brève de la dernière syllabe de Ludus, rien n'étant, à cette époque, plus normal, que la chute de Ys, conformément à la prononciation courante ; mais l'allongement de l'a final dans déserta est plus surprenant. Qu'une finale brève soit traitée comme une longue sous la double influence du temps fort qui l'affecte et de la césure qui la suit, c'est là une particularité métrique qui n'est pas rare, mais à la condition que la syllabe allon-
(i) On a cherché à y reconnaître soit des sénaires ïambiques comme autrefois Acidalius, soit, de nos jours, des saturniens. La seconde hypothèse est peu vraisemblable ; la première exige des remaniements nécessairement arbitraires.
gée soit fermée par une consonne : on en trouve au contraire fort peu d'exemples pour des finales en voyelle. Des trois vers que l'on cite de Virgile, dans le premier prend place un mot grec ; dans le deuxième c'est la finale même d'un nom propre grec qui s'allonge ; dans le troisième, il y a un hiatus ; dans tous les trois, la finale allongée est précédée d'une brève, ce qui constitue une atténuation (1) ; en outre, dans aucun, le texte n'est à l'abri de la discussion (2).
Mais un exemple, contemporain de notre texte et portant aussi sur une finale en a (précédée, il est vrai, d'une brève) est fourni par Ennius, Ann. (livre III), 149, édit. L. Mùller :
Et densis aquilâ pinnis obnixa volabat.
Scaena est déserta] Scaenâ déserta, ablatif, Orelli, Ed. Lat. p. 258. — Dein monosyllabe, régulièrement, cf. L. Mùller De re metr., 2e éd., p. 313.
(i) Voy. F. Plessis, Métr. § io3.
(2) Aen. III, 464 : au'-o graviâ sectoque eleplianto] gravia ac secto elephanto (hiatus entre les deux derniers mots, très vraisemblable) Schapcr,
— 702 ; Immanisque Gela fluvii cognomine dicta, vers considéré comme interpolé, non seulement par Peerlkamp, mais par Wagner et Gossrau .
— XII, 648 : Sancta ad vos anima atque istius inscia culpae; si, avec Ribbeck, on écrit nescia et que l'on tienne pour longue la 2' svllabe d istius, la finale de anima s'élide sur atque, et l'on a un hexamètre régulier avec césure par tmèse après 2 pieds 1/2.
Adulescens, tam etsi properas, te hoc saxum rogat Ut sese aspicias, dcinde quod scriptum est legas. Hic sunt poetae Pacuvi Marci sita| Ossa. Hoc volebam nescius ne esses. Yale.
Wordsworth, p. 316 et 594 ; Patin, Etudes sur la poés. M. t. II, p. 139.
Sénaires ïambiques.
M. Pacuvius, 220-130 à peu près av. J.-C, auteur de tragédies, dont une prétexte, Paillas (probablement Paul Emile). Ces vers peuvent donc être, approximativement, de 135 à 130 av. J.-C.
Aulu-Gelle I, 24, 4 : Epigramma Pacavii verecundissimam et parissimum dignamqae ejus elegantissima gravitate. Contre ce jugement personne ne s'inscrira en faux; modestie, dignité, distinction, tels sont les caractères de cette inscription; ils frappèrent les Anciens assez pour provoquer des imitations, dont la plus notable est l'épitaphe d'Aulus Granius que l'on trouvera sous le n° 12.
En voici une autre (Bùch. 848, t. I Addenda), qui a été publiée par Kubitscheck dans les Arch.-epig. Mitheil. d'Autriche ; c'est une inscription d'origine romaine, actuellement à Vienne ; les lettres sont belles et semblent attester une date reculée (temps de César ?)
Adulescens, tam etsi properas, hic te saxsolus Rogat ut se aspicias, deinde ut quod scriptust legas. Hic sunt ossa Maeci Luci sita Pilotimi vasculari.
Hoc ego xolebam nescius ni esses. Vale.
Bùcheler part du texte de cette épitaphe pour proposer (sous le n° 848, comment.) les corrections que l'on va voir à celle de Pacuvius.
1. — te hoc saxum, approuvé par Scaliger (saxoni), vient des notes de Carrion] hoc te saxum la plupart des mss., dont quatre importants: les
Parisini 4952 et 5765 (xne et xme s.) et les Vaticani 3307 et 3452 (xne et xme s.); — hoc saxum te mss. inférieurs ; — hoc thesaurum ms. de Leyde. 21 (XIIe s.).
Bùcheler propose : hoc te saxulum, et rejette rogat en tête du vers suiv., où il écrit se, non sese.
2. — sese Stieglitz, Hertz] se les mss. ;ad se notes de Cardon ; uti se Scaliger, Fleckeisen.
scriptum] dictum mss. inférieurs.
3. — Pacuvi Marci postposition du prénom, voy. plus haut p. 9 à la fin] Marci Pacuuii notes de Carrion ; Màrcei Paciwei Scaliger.