‹ Poésie latineChapitre 17 sur 82 · servato impératif; si, avec Passerat, Jacob · texte numérisé non relu

servato impératif; si, avec Passerat, Jacob

et Bahrens, l'on supprime ut, le mot servato devient un participe ablatif.

6. — Nec mss. inférieurs (le Mentelianus et le Dresdensis), Hertzberg, Haupt, L. Millier, Postgale, Rothstein] ATe le Neapolitanus et les autres bons mss. ; Phillimore; Haec Bcroaldo et Pucci ; Paley, Bahrens, Palmer.

Il serait bien téméraire de prétendre offrir de ce passage une interprétation qui s'impose ; même avec un texte sûr, il y aurait place à plusieurs rrypothèses; qu'est-ce donc, alors que l'on se demande si l'on doit lire nec ou haec, si la phrase est négative ou si elle ne l'est pas ?

Pour tâcher de nous faire une opinion commençons par classer les difficultés et par voir s'il y en a que l'on puisse écarter ou éclaircir, en prenant à leur sujet un parti vraisemblable.

Tout d'abord soror doit désigner la sœur de Gallus, non la sœur du soldat qui fuit. Sans doute, en rejetant cette dernière hypothèse, on se prive d'un élément romanesque : il serait agréable à l'imagination, et sans aucune invraisemblance, de se figurer que cette jeune fille était la fiancée de Gallus. Mais cela nous paraît impossible, voici pourquoi : Gallus ne connaît le soldat que comme un compagnon d'armes ; il ne l'interpelle ni par son nom, ni par aucun titre impliquant qu'il y ait entre eux un lien de parenté ou d'amitié, ou même simplement que Gallus sache qui il est.

Nous ne voyons dans acta (1) ni les devoirs funéraires, ni les événements de la guerre, mais, au sens le plus naturel ici, ce qui s'est passé pour Gallus et ce qu'expose le distique suivant.

Si nous adoptons, non sans hésitation, nec de préférence à haec, c'est qu'avec la négation paraît un sentiment délicat, le désir d'épargner le plus possible la douleur et le deuil à quelqu'un que l'on aime, et que ce sentiment se retrouve ailleurs chez Properce, IV, 11, 79, quand Cornélie morte recommande à son mari de dissimuler ses larmes devant leurs enfants :

Et si quid doliturus eris, sine testibus illis ; Cum venient, siccis oscilla folle genis.

Objectera-t-on qu'il est inadmissible que Gallus veuille laisser ignorer sa mort à sa sœur? Ce n'est pas sa mort qu'il entend lui cacher ; ce sont les circonstances affreuses de cette mort ; et si, plus tard, elle doivent être racontées sur le sarcophage, c'est après que le temps aura fait son œuvre d'apaisement ; peut-être même, [sa sœur n'existe plus à ce moment. Du même coup, on s'explique le quicumque que nous avons cru devoiradopter au v. 9 : Gallus, puisque sa sœur ignorera où et comment il a succombé ne compte plus que sur un inconnu, un passant quelconque, pour que ses os soient re-

(i) Scaliger imaginait de lire Acca, nom propre ! Nous mentionnons ici cette conjecture, parce qu'elle a continué de figurer, depuis, dans les notes des éditions critiques ; mais Phillimore la néglige, et l'on peut sans regret lui dire adieu.

trouvés et qu'on lui rende alors les derniers devoirs.

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