‹ Poésie latineChapitre 5 sur 82 · IV, XII · texte numérisé non relu

IV, XII

3; Blecheler, 1233.

(i) Ibid, 1061. Cf. io48 : « Felicem cursuin ad superos ».

elle vu les bords supérieurs de la lumière, reçue avec innocence au sein des astres éternels? Il y a là comme un pressentiment des obscures et belles épitaphes valentiniennes, où une mythologie d'éons remplace les dieux antiques et dont l'une, trouvée à Rome près de la Voie Appienne, a été traduite par Renan dans un si souple et si harmonieux langage (1).

Un chroniqueur italien du xvic siècle conte que, de son temps, on découvrit à Rome, dans un sarcorphage intact, un cadavre de femme miraculeusement conservé. Le peuple qui, en grande affluence, allait le voir et l'admirer dans la cour du palais romain où on l'avait exposé, croyait retrouver dans la dame merveilleuse aux sourcils peints, aux joues frémissantes et roses d'une illusion de vie, une très ancienne reine, une impératrice de légende, une sainte des persécutions.

Ne croyons pas trop à des princesses retrouvées : ce sont de petites bourgeoises, des commerçants, des grammairiens de province, des acteurs, des affranchis que nous révèlent le plus souvent les épitaphes en vers ; tout ce monde vit et s'agite dans Horace, Pétrone, Martial, s'arrête aux boutiques du Forum, s'intéresse aux ventes publiques, anime de cris et de causeries la rue romaine. Un complément d'histoire est possible par ces inscriptions, et elles ne sont pas toujours sans grâce.

(i) Renax, Marc-Aurèle, p. i^j, et C. I. G. 5gg5 A.

Parmi les figurines populaires fabriquées à la douzaine par le modeleur insoucieux, il en est dont le geste est élégant et sur, qui gardent au sein et dans les plis de leurs voiles la vertu de la noble terre dont elles sont formées.

Henri Focillon.

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