C. I. L., V, 6240 et p. 1086, G. Kôrte ; Bùch
Epitaphe de Manlia Daedalia.
A Milan, dans la chapelle de saint Satyre (1).
1. — Martyris ad frontem, on se faisait enterrer ad martyres déjà vers 370 et 371 surtout ; une inscription, qui est de 381, nous montre un fidèle obtenant le privilège d'être inhumé intra limina sanctorum, quod multi cupiunt et rari accipiunt (De Rossi, Inscr. chrét. de Rome, I, 319). Le pape Damase et l'archidiacre Sabinus donnent à ces chrétiens, ambitieux d'un honneur que tous ne méritaient pas, une leçon de modestie :
Damase (Ihm, 12. v. 10 suiv.) :
Hic, fateor, Damasus jvolui mea condere membra, Sed cineres timui sanctos vexare piorum.
Sabinus (Bûch., 1423, v. 5) :
Nil juvat, immo gravât, tumulis haerere piorum.
6. — Quo peteret caelum Bùcheler veut qu'il y ait ici un souvenir de la fable de Dédale, à cause du cognomen Daedalia; il renvoie à Ovide, Ars am., II, 37 :
Restât iter caeli, caelo temptabimus ire.
Il est certain que celui qui a trouvé le beau distique Quae mortale nihil, etc.. était un vrai poète, et, comme il connaissait certainement les modèles
(i) Cette chapelle, qui remonte au Ve siècle, est annexée à l'église de Saint-Ambroise ; il s'y trouve une mosaïque byzantine où sont représentés saint Ambroise, saint Victor, saint Maternus.
Voyez dans le recueil de Bicheler, î^ai (C. I. L. V, p. 617, 5 et De Rossi, Inscr. chrét. de Borne), l'épitaphe de saint Satyre par saint Ambroise.
classiques, il n'est pas impossible que la vieille légende lui ait suggéré l'image et les termes par lesquels il a rendu sa pensée ; mais rien n'est moins sûr, et le sentiment est si différent que ce rapprochement déplaît plutôt qu'il ne satisfait.
Pour l'expression caelam petere, ici, et le per astra du v. 13, cf. Bùch., 1401 (Ihm 107), v. 10 : taies animae protinus astra petunt.
9. — Theodorus frater Manlius Theodorus, consul de l'an 399 ap. J.-C. (Puricelli). Il s'était fait une réputation dans les lettres, en s'occupant de philosophie et d'astronomie ; voy. le Panégyrique de son consulat par Claudien, 340 hexamètres, Claud. carm., XVII ; au v. 68 suiv. :
Omnia Cecropiae relegis sécréta senectae Discutiens, quid quisque novum mandaverit aevo Quantaque diversae producant dogmata sectae. au v. 100 :
Aut quotiens elementa doces semperque fluentis Materiae causas, quae vis animaverit astra... Cf. ibid., v. 253 suiv., 275 suiv.
Serins hic nostros cineres natura recepit
Cum petere optassem sancta sepulcra prior.
Félix o nimium, tanti si munere voti
Lzguissem natos incolumemque virum !
Sic, quia progenitis superest e quattuor unus, 5 Deprecor hic sa/tim vivat ut hossa colat.
Voy. littér. de deux Rel. Bénéd., I, 107; Mabillon, Ann. ord. S. Bened., III, 676; Le Blant, Inscr. chrét. de la Gaule, n° 1 ; Paul Lejay, Inscr. ant. de la Côte d'or, 247.
Epitaphe d'une femme de cinquante-deux ans, dont le nom nous demeure inconnu, mais qui est qualifiée de inlustris (voy. plus loin) ; trouvée à Pothières, diocèse de Langres, sur un marbre devant le grand autel de l'Abbaye. Monument disparu.
P. Lejay, Inscr. ont. de la Côte d'or, p. 195 : « J'ai emprunté au recueil de M. Le Blant le texte de cette inscription. Il l'a établi d'après les deux anciennes copies des Bénédictins... Ce texte est du v" siècle, de 461 ou de 482, deux consuls du nom de Severinus figurant dans les Fastes à ces dates ».
On lit, en effet, à la suite des vers : inlustris femena hic ena... to X° (decimo) Kal(endas) maias Severino u(iro) cl(arissimo) s... annos quinquaginta et duos.
1. — Serius... Il ne pouvait nous venir à la pensée de prétendre à une restitution de ce vers dont voici tout ce qu'on a cru lire sur le marbre dans le temps qu'on l'a pu voir :
BERT HOCHORDINERES
Nous avons simplement essayé de reconstituer à peu près le sens qu'il devait avoir. Nous ne nous dissimulons pas : 1° que Bert peut être le commencement d'un nom propre ; 2° que ordine se prêterait bien à l'expression de cette idée que les décès, dans cette famille, ne se sont pas produits dans l'ordre que la morte aurait voulu. Toutefois il est bien tentant de lire cineres sous dineres, et le groupe hochor qui précède peut bien, sur un marbre dété-
rioré, représenter nostros ; quant à bcrt..., quel serait le cognomen qu'il y faudrait reconnaître?
Cette petite pièce est élégamment versifiée : il ne nous paraît pas douteux que, dans le premier distique, comme dans les deux autres, l'hexamètre et le pentamètre ne se tinssent étroitement : or, puisque dans le pentamètre la morte nous dit qu'elle eût souhaité de mourir la première, c'est que, dans l'hexamètre, il était fait allusion à la mort d'une autre personne qui l'a précédée dans la tombe (une seule à cause de przor) ; cette personne doit être son mari. Nous avions pensé tout d'abord à terminer le vers par conjuge rapto ou lapso ; mais les indications fournies pour le reste du vers par les débris <lu texte ne nous ont pas permis de persister dans cette conjecture, et il nous a semblé que serius donnait satisfaction pour le sens.