‹ Poésie latineChapitre 72 sur 82 · Que = quae · texte numérisé non relu

Que = quae

vibet et dolet = vivit dolens.

10. — dubitamur probablement forme populaire, par analogieavecdes verbes comme morari,cunctari. morique restitué avec beaucoup de vraisemblance par Bùcheler. Que veut dire ce vers ? que les parents, ils n'en doutent pas, mourront bientôt de leur chagrin? ou, plutôt, qu'ils n'hésitent pas à désirer de mourir? cette seconde interprétation est mieux d'accord vers le vers 7 :

Et nos optamus ad vos properare parentes.

Vos equidem, nati, caelestia régna videtis

Quos rapuit parvos praécipitata dies ; Sed mihi quae requies, onerosa in luce moranti,

Cni solus superest et sine fine dolor ? Qnam maie de vobis fallacia gandia vidi 5

Et deceptnrus me jugulavit amor !

Reddebar teneris in vultibus ipsaque per vos

Tempora credebam lapsa redisse mihi.

Sentio qnid faciat spes inrita : pessima sors esl

Snpplicii afflicto qnem sua vota premunt. 10

De Rossi ïnscr. chrét. de Rome, I, 534,1180; Burm.IV, 247 ; Meyer 1350 ; Biïeh. 1400.

Epitaphe de deux frères, Gérontius et Constantius morts, l'un à quatre ans et demi, l'autre à deux ans et demi ; sépulture chrétienne.

Dans l'église sainte Marie du Transtévère, sur une grande plaque, en beaux caractères. — Au-dessus des vers, est figurée une croix ; au dessous, on lit : hic depositus est Gérontius qui vixit annos IIII et me nses sex sub cl (ie) VI id. Octobrîs indictione prima. — depositus est Constantius qui vixit annos duo et menses sex sub die III kalendas Novembres ind. prima.

L'omission du nom des consuls et la mention de l'indictio montrent que ce texte doit appartenir à la fin du vie siècle après J.-C.

2. — praecipitata] praecipita sur la pierre. — Cf. Bùch. 1406 2.

Voici cette epitaphe, celle d'un enfant de neuf ans et demi :

Dura quidem frangit parvorum morte parentes Condicio rapido praecipitata gradu.

Spes aeterna tamem trebuet solacia luctus, Aetates teneras quod paradisus abet.

Sex super adjectis ad nonum mensebus annum 5 Conditus hoc tumulo, Dessiderate, jaces.

(3 tamem trebuet = tamen tribuit ; 4 abet = habet) 7. 8. — Reddebar... Bùcheler renvoie à une autre epitaphe, celle qui dans son recueil porte le n° 1430, dans laquelle un époux âgé dit à sa jeune lemme, qu'il vient de perdre :

Tu senium et fessae fovisti taedia vitae Atque aetas visa est ipsa redisse mihi.

Et du rapprochement du pentamètre avec notre distique, il conclut, les deux inscriptions étant contemporaines, à l'existence d'un ancien modèle où se trouvait exprimée cette idée : Tu me rendais ma jeunesse (1). Cet ancien modèle est tout simplement dans le cœur humain et dans un sentiment naturel, commun aux hommes de tous les temps et de tous les pays; ici, il est rendu en deux vers excellents, et toute la petite pièce, du reste, est d'un auteur bien doué.

10. — Supplicii dépend de sors, le pire lot d'épreuve, de souffrance ; cf. l'expression sors praedae, le lot qui vous est échu dans le butin.

afflicto participe pris substantivement : affîicto homîni.

quam sua vota premunt cf. 45, 5 : quem rend probable que c'est le père, non la mère qui parle : — Celui qui se trouve victime de ses propres souhaits ; ici : qui, ayant désiré d'être père, est frappé dans sa paternité.

(i) Biicheler reconnaît toutefois que l'idée est mieux en place ici que dans i43o ; il aurait dû voir aussi qu'elle est amenée par tout autre chose, à savoir la ressemblance physique : reddebar teneris in vultibus.

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