‹ PoésieChapitre 100 sur 217 · LE JOUR REPARAÎT · texte numérisé non relu

LE JOUR REPARAÎT

Il reporte Mahaud sur le fauteuil ducal, Et, de peur qu'au réveil elle ne s'inquiète, Il referme sans bruit l’infernale oubliette; Puis remet tout en ordre autour de lui, disant :

(La chose n'a pas fait une goutte de sang;

C'est mieux. »

Mais, tout à coup, la cloche au loin éclate; Les monts gris sont bordés d’un long fil écarlate; Et voici que, portant des branches de genêt, Le peuple vient chercher sa dame; l'aube naït. Les hameaux sont en branle, on accourt; et, vermeille, Mahaud, en même temps que l'aurore, s'éveille; Elle pense rêver, et croit que le brouillard À pris ces jeunes gens pour en faire un vicillard, Et les cherche des yeux, les regrettant peut-être; Eviradnus salue, et le vieux vaillant maître, S'approchant d'elle avec un doux sourire ami : «Madame, lui dit-il, avez-vous bien dormi?»

28 janvier 1859.

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