‹ PoésieChapitre 105 sur 217 · LE QUATRIÈME SPHINX · texte numérisé non relu

LE QUATRIÈME SPHINX

Chrem fut roi; sa statue était d’or; on ignore

La date de la fonte et le nom du fondeur;

Et nul ne pourrait dire à quelle profondeur,

Ni dans quel sombre puits, ce pharaon sévère

Flotte, plongé dans l'huile, en son cercueil de verre. Les rois triomphent, beaux, fiers, joyeux, COUrTOUCÉS, Puissants, victorieux; alors Dieu dit : Assez!

Le temps, spectre debout sur tout ce qui s'écroule, Tient et par moments tourne un sablier, où coule

Une poudre qu'il a prise dans les tombeaux

Et ramassée aux plis des linceuls en lambeaux,

Et la cendre des morts mesure aux vivants l'heure.

Rois, le sablier tremble et la clepsydre pleure;

Pourquoi? le savez-vous, rois? C'est que chacun d’eux Voit, au delà de vous, Ô princes hasardeux,

Le dedans du sépulcre et de la catacombe,

Et la forme que prend le trône dans la tombe.

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