‹ PoésieChapitre 112 sur 217 · juin · texte numérisé non relu

juin

IM

LE BEY OUTRAGEÉ.

Le vieux bey de la régence Murmure en baissant le front :

«Demain s'appelle vengeance

Quand hier s'appelle affront. »

Lui qui creusa tant de fosses Que, lorsqu'il passe, inclément, Le ventre des femmes grosses Tressaille lugubrement,

Il tient nu son cimeterre; Pâle, il bâille par instants; Puis il regarde la terre Comme s'il disait : Attends.

Il rêve. On sent qu'il résiste Comme le pin des forêts, Et qu'il sera d'abord triste Pour être terrible après.

Ses regards sont insondables; Son glaive dans ses yeux luit; Ses paupières formidables, Où passe un éclair de nuit,

Laissent, sans qu'il les essuie,

Tomber sur son yatagan

Ces larges gouttes de pluie ui précèdent l'ouragan.

Firmain-bay. — 26 juin 1856.

LMPDIMERIE NATIONALE,

Page 1