‹ PoésieChapitre 128 sur 217 · SILENCE · texte numérisé non relu

SILENCE

Tout à coup on se tait; ce silence grandit,

Et l'on dirait qu'au choc brusque d’un vent qui tombe,

Cet enfer a repris sa figure de tombe;

Ce pandémonium, ivre d'ombre et d’orgueil, S'éteint; c'est qu'un vieillard a paru sur le seuil; Un prisonnier, un juge, un fantôme; l'ancêtre!

C’est Fabrice.

On l'amène à la merci du maître.

Ses blèmes cheveux blancs couronnent sa pâleur; Il a les bras liés au dos comme un voleur; Et, pareil au milan qui suit des yeux sa proie, Derrière le captif, marche, sans qu'il le voie, Un homme qui tient haute une épée à deux mains.

Matha, fixant sur lui ses beaux yeux inhumains, Rit sans savoir pourquoi, rire étant son caprice. Dix valets de la lance environnent Fabrice.

Le roi dit : «Le trésor est caché dans un lieu Qu'ici tu connais seul, et je jure par Dieu

Que, si tu dis l'endroit, marquis, ta vie est sauve.»

Fabrice lentement lève sa tête chauve Et se tait.

Le roi dit : (Es-tu sourd, compagnon?»

Un reître avec le doigt fait signe au roi que non. «Marquis, parle! ou sinon, vrai comme je me nomme Empereur des romains, roi d’Arle et gentilhomme, Lion, tu vas japper ainsi qu'un épagneul.

Ici, bourreaux! — Réponds, le trésor?»

Et l’aïeul Semble, droit et glacé parmi les fers de lance, Avoir déjà pris place en l'éternel silence.

Le roi dit : «Préparez les coins et les crampons.

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