‹ PoésieChapitre 129 sur 217 · CU OR · texte numérisé non relu

CU OR

LA CONFIANCE DU MARQUIS FABRICE

Pour la troisième fois, parleras-tu? Réponds.»

Fabrice, sans qu'un mot d’entre ses lèvres sorte, Regarde le roi d'Arle et d'une telle sorte,

Avec un si superbe éclair, qu'il l'interdit;

Et Ratbert, furieux sous ce regard, bondit

Et crie, en s'arrachant le poil de la moustache : «Je te trouve idiot et mal en point, et sache Que les jouets d’enfant étaient pour toi, vieillard! Ca, rends-moi ce trésor, fruit de tes vols, pillard! Et ne m'irrite pas, ou ce sera ta faute,

Et je vais envoyer sur ta tour la plus haute

Ta tête au bout d’un pieu se taire dans la nuit. »

Mais l’aïeul semble d'ombre et de pierre construit; On dirait qu'il ne sait pas même qu'on lui parle.

«Le brodequin! A toi, bourreau!» dit le roi d’Arle. Le bourreau vient, la foule effarée écoutait. On entend l'os crier, mais la bouche se tait.

Toujours prêt à frapper le prisonnier en traître J PP P »

Le coupe-tête jette un coup d'œil à son maître.

«Attends que je te fasse un signe», dit Ratbert. Et, reprenant :

«Voyons, toi chevalier haubeït, Mais cadet, toi marquis, mais bâtard, si tu donnes Ces quelques diamants de plus à mes couronnes, Si tu veux me livrer ce trésor, je te fais Prince, et j'ai dans mes ports dix galères de Fez Dont je te fais présent avec cinq cents esclaves.»

Le vieillard semble sourd et muet.

«Tu me braves!

Eh bien! tu vas pleurer,» dit le fauve empereur.

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