SUPRÉMATIE
Répondit : COui.»
Toujours droite, la clarté pure Brillait, et le dieu vint lui parler.
«O figure, Qu'es-tu?» dit Indra, d'ombre et d'étoiles vêtu. Et l'apparition dit : «Toi-même, qu’es-tu?»
Indra lui dit : «Je suis Indra, dieu de l'Espace. — Et quel est ton pouvoir, dieu? —— Sur sa carapace La divine tortue, aux yeux toujours ouverts, Porte l’éléphant. blanc qui porte l'univers.
Autour de l'univers est l'infini. Ce gouffre Contient tout ce qui vit, naît, meurt, existe, souffre, Règne, passe ou demeure, au sommet, au milieu, En haut, en bas, et c'est l’espace, et j'en suis dieu. Sous moi la vie obscure ouvre tous ses registres; Je suis le grand voyant des profondeurs sinistres; Ni dans les bleus édens, ni dans l'enfer hagard, Rien ne m'échappe, et rien n'est hors de mon regard; Si quelque être pour moi cessait d’être visible, Gest lui qui serait dieu, pas nous; c’est impossible. Etant l’énormité, je vois l’immensité; Je vois toute la nuit et toute la clarté; Je vois le dernier lieu, je vois le dernier nombre, Et ma prunelle atteint l'extrémité de l'ombre; Je suis le regardeur infini. Dans ma main J'ai tout, le temps, l'esprit, hier, aujourd’hui, demain. Je vois les trous de taupe et les gouffres d’aurore, Tout! et, là même où rien n’est plus, je vois encore. Depuis l'azur sans borne où les cieux sur les cieux Tournent comme un rouage aux famboyants essieux, Jusqu'au néant des morts auquel le ver travaille, Je sais tout! je vois tout!
— Vois-tu ce brin de paille?»
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Dit l'étrange clarté d’où sortait une voix.
Pan ©
Indra baissa la tête et cria : «Je le vois.
Lumière, j je te dis que j'embrasse tout l'être;
À ut Toi-même, entends-tu bien, tu ne peux disparaît
De mon regard, jamais éclipsé ni décrul» 7
À peine eut-il parlé qu'elle avait disparu.
Vendredi, 8 avril 1870.