‹ PoésieChapitre 175 sur 217 · VII. AIDE OFFERTE À MAJORIEN, PRÉTENDANT À L'EMPIRE · texte numérisé non relu

VII. AIDE OFFERTE À MAJORIEN, PRÉTENDANT À L'EMPIRE

variantes intéressantes dans le manuscrit, mais de nombreuses

notes détachées indiquent l'intention arrêtée d'étudier plus complètement cette figure d’Attila. Voici quelques extraits, groupés selon leurs dates approximatives à

LA MORT, parlant d’Attila.

J’aimais cet Attila. Nous étions bien ensemble. Fauve, il chassait vers moi le troupeau que j’assemble. Dans les grandes moissons nous étions de moitié. Parfois dans mon clairon, et de bonne amitié, Il donnait quelque coup de gueule formidable.

ATTILA. — Son chariot.

L'édifice hideux, colossal, effrayant,

..traîné par trente jougs de bœufs Roulait, et l’on croyait sur ses axes bourbeux | Entendre le cri sourd des foules étouffées ; | Et sur les deux côtés deux vicillards, deux trophées, Les bras en croix, les yeux crevés, des trous aux flancs, Morts, essuyaient la roue avec leurs cheveux blancs, Un comte avec son sceptre, un prêtre avec sa crosse, Pendaient, lugubrement cloués au char féroce. [1856.]

Certe, Attila fut grand et terrible; et durant Tout le temps que brilla cet homme fulgurant, Les nations restaient la face contre terre, Sentant luire une foudre et passer un mystère.

Si l’homme pouvait voir le noir monde invisible, S'il était À k voix des choses accessible,

Panyas n'eût point dit : on ne me répond pas. Car au bruit de sa voix, car au bruit de son pas,

VARIANTES ET VERS INÉDITS. 543

Le Danube sortit de sa chambre profonde;

Il se dressa, le grand échevelé de l'onde,

Et dit : — Je suis vaincu, roi; c’est onilane D'étre un dieu qui ne peut rien pour un suppliant; Ce fléau vient, et j'ai

Il vient; j'ai comme toi son ombre sur la face;

Mais que puis- je? hélas, rien. Que veux-tu que je fasse? Roi » je songcais À toi lorsque tu m appelas;

RO je ne suis que fleuve, il est déluge, hélas! Tête mystérieux que tu prends pour un homme, Le connais-tu? Sais-tu, dis, comment il se nomme? C'est Attila pour vous, pour nous c’est Océan.

.. Tout s’écroulait sur Rome.

Des abîmes étaient de toutes parts ouverts.

Où donc allait tomber ce lugubre univers?

On sentait au-dessous des peuples l'insondable. Un grondement sortait de l'ombre formidable ; Des hordes arrivaient des bois ou de la mer; Tout reprenait la forme horrible de l'enfer, Et l'œil du genre humain redevenait sauvage.

L’horizon regorgeait de meurtre et de ravage; Cent villes flamboyaient sur des sommets Hnattss Les tours apparaissaient dans des embrasements ; On entendait le bruit d’une confuse armée ; Tout était flamme et nuit. Alors une fumée Pleine d’éclairs couvrit tout ce vieux monde-là , déchirée au fond, laissa voir Attila.

Il vient Et plane avec un bruit d'orage et de colère.

On le voit, dans l’affreux crépuscule polaire, Approcher et grandir, sombre archange vautour. Ses armées.

Il faut faire un effort pour songer que cet homme

dépeuple l'Europe Va perdre Qui fait pencher le monde et qui fait trembler Rome, Que ce grand chef de horde énorme et triomphant, Que ce maître hideux, jadis, petit enfant Riait dans son berceau quand chantait sa nourrice.

Irruption hideuse! 6 deuil! naufrage amer!

Au lieu de ces bandits si c’eût été la mer,

Notre terre engloutie eût eu moins de ravages

De l'immense océan que de vous, à sauvages!

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Quatre

VARIANTES ET VERS INÉDITS

Et, dans ta miüéricorde,

Tu voudrais, dans ma vieillesse,

Roi, tu voudrais, nuit el jour,

Comme un dogue dans ta cour, au bout d’une corde,

M'avoir, moi le Cid, en laisse.

Ta dague, je l'ai trempée.

: : : / Roi par moi; sans moi, poupée |

D'Andorre en Almonacid Du Tage à l'Almonacid…

Vüc, Tortose, Santander, Almodovar. ..

L'Espagne Ma ville est-elle une vache...

Hasardant tes vils mépris, Risquant tes hautains défis.

Le vieux Cid craint des Le Cid aimé des meilleurs...

L'homme d'en bas, sable on cire, Pour avoir ce qu'il désire Garde l'empreinte du pied.

Le flatteur baise ton pied.

crocheter ta Non de glisser sous ma porte D'Irun ou de Ma main jusqu’à Penañel.

attention ruse âpre et

Votre habileté subtile...

Quoique vous soyez un prince Qwon ne peut calomnier, Vil, on ne peut le nier.

strophes retrouvées dans les fragments inédits :

[J'ai cette habitude prise Et je la trouve À mon gré, Et ce n’est pas, barbe grise, Certes, que je changerai.

À la terre où sur des chaumes Votre aïeul Sanche régna,

J'ai rattaché trois royaumes; Mon aiguille est Tizona.

IMPRIMERIE NATIONALE

Mais craignez de me combattre, Roi, car le Cid,

Car Ruy Diaz, votre aîné, Ayant construit, peut abattre, Et reprendre, ayant donné.

Prenez garde! ou, je le jure, À votre royal manteau Vous avez une couture Que découdra mon couteau. ]

Quatre vers répétant, en alexandrins, l’idée de la dernière strophe publiée:

[N'attendez pas de moi que je flatte : non: J'aime, Voilà tout, comme on fait dans les monts, dans les bois, Ma manière d’aimer fait crier

Et je fais crier ceux qué j'aime quelquefois;

Des langues de lion le lèchement est rude. ]

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