‹ PoésieChapitre 186 sur 217 · CE QU'ON Y VOIT ENCORE · texte numérisé non relu

CE QU'ON Y VOIT ENCORE

Autre sous-titre : Swite de la description de la salle à manger. £

, entre la male et /' Ha étincelle La hache est sur le dos, la dague est sous l’aisselle; [L’armure transformait fomme en metres un héros Les genouillères ont leur boutoir meurtrier, Tel que ceux des Eddas et des Romanceros Les mains pressent la bride, et les pieds l’étrier; Vétu d’airain, bardé de fer, masqué d’un crible, Ils sont prêts; chaque heaume est masqué de son crible, Regardant à travers des trous, c'était horrible. | Tous se taisent, pas un ne bouge; c’est terrible.

Au bas du 22° feuillet commence ce développement inédit : ces quatre vers et leurs variantes sont biffés.

Il semble qu’on soit près du moment où la troupe, Criant guerre, Piquant des deux, frappant les chevaux sur la croupe,

Va, sous ce haut

À travers ce portail béant que rien ne clôt, Faire rouler la foudre en prenant le palop.

Va prendre on ne sait quel formidable galop.

Et l'attitude forte et farouche du fer, Et ferme, et, un rêve, ils sont de fer.

Page 302. L'air fauve, et, quoique étant de l’ombre, ils sont du fer. 8e 3 9 de GRO >

Non. C’est de la chimère et de l’horreur, vêtues De la forme de l'homme et de l'air du coursier

D'une forme, et, du fond

D'airain, et des bas-fonds de ce monde puni, Ayant l'attitude äpre et forte de l'acier.

Faisant une menace obscure À l'infini.

Et croit voir une halte étrange Comme si l’on voyait la halte des marcheurs

emporte Funèbres, que de l'aube efface Les Mystérieux que l’aube efface en ses blancheurs.

Réveillant

Rhabillant l’homme.

15 sont hagards et fiers, ils ont sur eux Peffroi, blason Leur chemise de guerre et leur sayon

Page 303. La chemise de guerre et le manteau de roi...

payens Là sont les ducs sanglants et les marquis sauvages.

démons Voici Geth, qui criait aux slaves : Avançons!

Nazamyflus, Étienne, Zulan, Nazamystus, Othon le Chassieux.….

dans ce burg croulant?

Que font-ils À, debout et droits? Qu’attendent-ils? le casque aux fiers L’aveuglement remplit l'armet aux durs sourcils.

combat, Du carnage, De la guerre, du deuil, ; ; me Page 304. De l'orgueil, du défi, du meurtre et de la force...

cimiers, amants effarés de la £ He Ces grands casques, épris d'aventure et de mort...

Pas un talon ne pique, ils font silence

Les voilà tous muets, eux qui rugissaient tous,

Dans l'ombre, après avoir rendu

Et, grondant et grinçant, rendaient les clairons fous...

où tout rentre et plonge Regarder devant eux l'ombre qui se prolonge.

né m

VARIANTES ET VERS INÉDITS. 575

Page 304. Jusqu'au jour où le toit que Spignus crénela, fleurons Croulant, écrasera leurs casques

Chargé d’ans, croulera sur leur tête...

Ébauches qu'enfanta la vision , ss Formes du rêve au fond des visions

Cauchemars entrevus dans le sommeil sans bornes …

Combattaient, escortant

Page 305. Hurlaient, accompagnant la bannière géante, Sont là, les yeux éteints ct la Sur les cimiers glacés, songent, gueule béante…

fait ici-bas leur œuvre héréditaire Ayant chez les vivants fini leur tâche austère.

salle, où mangeaient les Page 306. Cette porte, ancien seuil des marquis patriarches…

Le bon chevalier refle seul; il s'approche Le vaillant refle seul. I] regarde, il s'approche

Page 307. Le héros est seul sous ces grands murs sévères. De La table où l'eau brille en des criffaux de roche, ,»

Il s'approche un moment de la table où les verres Où des verres Et les hanaps, dorés et peints, petits et grands.

Viens, le vent du soir s'élève, Page 308. Tu m'emmènes, je tenlève.

J'entends chanter une voix.

L'oiseau chante dans les bois.

Partons, viens, ton œil m’enivre Nous irons, et j'en suis ivre, Page 309. Viens, sois tendre, je suis ivre.

Sous IL Ar O les verts taillis mouillés!

Le bruit des feuilles se mêle Allons-nous-en par l'Autriche!

Au son lointain du beffroi.

Nous aurons l'aube à nos fronts...

L’armure qui ne peut jeter son Page 311. Cette armure où l’on voit frémir le gantelet.…

chambelan Fritz Page 312. Je fais Joss chambellan…

gw'on voit sourire Page 313. Ces coquettes qui font des mines dans l’azur, Ces déefes, Madame, clair Les elfes, les péris, ont le front jeune et pur.

pour oublié ! Ayant contre un vil sceptre échangé sa baguette.

Tais-toi, menteur! tais-toi, poëte! -

Page 313. Mahaud songe : «On dirait que ton regard me guette.

fièrement dressée, redressée

…. — Et fière et courroucée.….

…aurais-je demandé

une faveur qui fait l'âme sereine charmante Dit-il, cette faveur sacrée et souveraine

Une faveur qu'il faut qu'on obtienne, ou qu'on prenne?

beaux yeux éparés, P ; : |. CYCLE d’ ET agC 314. Le narcotique cteint ses yeux ompDre EniIvres...

détrôner .… Guerroyer, se chamailler pour rien...

laideur la beauté Page 318. Sous la noirceur du cœur le rayon de la face...

l'endormie en leurs bras, entre leurs bras,

Page 310. Portant Mahaud, qui dort toujours 319 » q ] > Vers l'oubliette obscure, ils marchent pas à pas, ? !

Ils marchent lents, courbés, en silence, à pas sourds. .

qui leur semble une fondre en éclats :

» . 4 D'une voix sépulcrale et lente comme un glas..….

Page 320. ...Je ne prends qui font vos couronnes infämes, Que vos têtes, Ô rois des crimes et des trames... :

pouviez rire ; L'heure où vous existiez est une heure sonnée.….

prier Page 321. Vous venez de parler tout à l'heure...

absolus, infaillibles, heureux; Vous êtes les jumeaux du grand vertige heureux...

Au 254° feuillet du manuscrit ce développement, supprimé à Pimpression

et non biffé pourtant :

Oui, sous ce fier succès, sous ce destin flagrant,

Sous cet enchaînement de conquêtes, si grand, haut,

Si fort, si continu, qu’il fait croire au vulgaire

Que la victoire sert chez vous, et que la guerre

À mis votre harnais À ses chevaux fougueux,

Sigismond est un monstre et Ladislas un gueux.

VARIANTES ET VERS INÉDITS. 577

Victor Hugo à condensé ces six vers, dans ces deux vers définitifs, remaniés sur les épreuves :

Sous tous ces grands exploits, prompts, terribles, fougueux, Sigismond est un monstre et Ladislas un gueux.

O vil siècle! laideur Vil siècle! abaifement

O dégradation du sceptre et de l'épée!

N° importe, on souffre tout, on ne se lève pas, C'est égal, on se tait, et nul ne fait un pas.

tyrans \ de césars , : ; Page 322. Pour ces démangeaisons d'empereurs sur ta peau!

Ah! Béhémoth supplie et Léviathan Ah! le vautour larmoie et le caïman pleure.

Terrifiés, ployés, éperdus, baletants, grands u glorieux

Les princes, les heureux, les forts, les éclatants..

Je jette votre histoire ct vos noms L'histoire jettera vos deux noms

Page 323. Il est las, c'est pourquoi je vous jette au monceau Des fanges du chemin qu’emporte ; !

D'ordures que des ans emporte le ruisseau !

.Dieu bon, sont-ils de la famille

sont-ils nés pour notre De tels monstres ont-ils droit à notre fils d'Adam, épars

Des vivants, respirant sous ton clair horizon ?

Jof se tord Les mains. Fantôme, «Oh! dit Sigismond, fantôme...

Le roi furtif saisit un couteau sur la table,

Page 324. Pendant que, grave et froid, il déboucle sa chape, Ab! puisque tu n'es pas un Sheétre vénérable!... Ladislas, furtif, prend un couteau sur la nappe...

Eviradnus se sent attaquer bar derrière, Page 325. Se tourne, empoigne et tord la lame meurtrière, Maïs avant que le läche enfonce le contean Et sa main colossale étreint comme un étau Le poing d'Eviradnus l'étreint comme un étau, Le cou de Ladislas, qui lâche le couteau; L'étrangle, et dans ses Jeux on voit la mort Dans l'œil du nain royal on voit la mort paraître. À nous deux ..À mon tour maintenant!

pétrifié Page 326. Il marche à l’empereur qui chancelle d’effroi…

mains Il tient dans ses deux poings les deux pieds, et secoue

IMPNIMBRIE NATIONALE,

Page 326.

Page 320.

Page 330.

Page 331.

En cercles effrayants Au-dessus de sa tête, en murmurant : Tout beau!

Les bras désespérés S ; ; Et les bras disloqués font des gestes hideux.

Et l’on entend le bruit

corps disparus se choquant damnés

De deux spectres tombant ensemble dans la nuit.

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