‹ PoésieChapitre 31 sur 217 · LES TROIS CENTS. OI · texte numérisé non relu

LES TROIS CENTS. OI

Les lygiens, pour bain cherchant les immondices, Les saces, les micois, les parthes, les dadyces, Ceux de la mer Persique au front ceint de varechs, Et ceux d’Assur armés presque comme les grecs, Arthée et Sydamnès, rois du pays des fièvres,

Et les noirs caspiens, vêtus de peaux de chèvres, Et dont les javelots sont brûlés par le bout.

Comme dans la chaudière une eau se gonfle et bout, Cette troupe s'enflait en avançant, de sorte Qu'on eût dit qu’elle avait l'Afrique pour escorte, Et l'Asie, et tout l’âpre et féroce orient. Cétaient les nims, qui vont à la guerre en criant, Les sardes, conquérants de Sardaigne et de Corse, Les mosques tatoués sous leur bonnet d’écorce, Les pètes, et, hideux, pressant leurs rangs épais, Les bactriens, conduits par le mage Hystapès. Les tybarènes, fils des races disparues, Avaient des boucliers couverts de peaux de grucs; Les lybs, nègres des bois, marchaient au son des cors; Leur habit était ceint par le milieu du corps, Et chacun de ces noirs, outre les cimeterres, Avait deux épieux, bons à la chasse aux panthères; Is habitaient jadis sur le fleuve Strymon.

Les abrodes avaient l'air fauve du démon, Et l'arc de bois de palme et la hache de pierre; Les gandars se teignaient de safran la paupière; Les Syriens portaient des cuirasses de bois;

n Entendait au loin la flûte et le hautbois Des Montagnards d'Abysse et le cri des numides Amenant, du pays où sont les Pyramides, Des chevaux près desquels l'éclair est paresseux ; Ceux de Lydie étaient coiffés de cuivre, et ceux D'Hyrcanie acceptaient pour chef de leur colonne Mégapanes, qui fut prince de Babylone;

MS Savançaient les blonds miliens, studieux De ne Point offenser les démons ni les dieux;

bas:

Puis ceux d'Ophir, enfants des mers mystérieuses; Puis ceux du fleuve Phta qu'ombragent les yeuses, Cours d’eau qui, hors des monts où lasphodèle croit, Sort par un défilé long et sinistre, étroit

Au point qu'il n'y pourrait passer une charrette;

Puis les gours, nés dans l'ombre où l'univers s'arrête. Les satrapes du Gange avaient des brodequins Jusqu'à mi-jambe, ainsi que les chefs africains;

Leur prince était Arthane, homme de renommée, Fils d’Artha, que le roi Cambyse avait aimée

Au point de lui bâtir un temple en jade vert.

Puis venait un essaim de coureurs du désert,

Les sagastes, ayant pour toute arme une corde.

La légion marchait à côté de la horde,

L'homme nu coudoyait l’homme cuirassé d’or.

Une captive en deuil, la sibylle d'Endor,

S'indignait, murmurant de lugubres syllabes.

Les chevaux ayant peur des chameaux, les arabes

Se tenaient à distance et venaient les derniers;

Après eux cheminaient, encombrés des paniers

Où brillait le butin rapporté des ravages,

Cent chars d’osier traînés par des Ânes sauvages. L’attroupement, formé de cette façon-là

Par tous ceux que la Perse en ses rangs appela, Epais comme une neige au souffle de la bise, Commandé par vingt chefs monstrueux, Mégabise, Hermamythre, Masange, Acrise, Artaphernas,

Et poussé par les rois aux grands assassinats,

Cet énorme tumulte humain, semblable aux rêves, Cet amas bigarré d’archers, de porte-glaives,

Et de cavaliers droits sur les lourds étriers,

Défilait, et ce tas de marcheurs meurtriers

Passait pendant sept jours et sept nuits dans les plaines, Troupeau de combattants aux farouches haleines, Vaste ct terrible, noir comme le Phlégéton,

Et qu'on faisait marcher à grands coups de bâton. Et ce nuage était de deux millions d'hommes.

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