‹ PoésieChapitre 30 sur 217 · LE DÉNOMBREMENT · texte numérisé non relu

LE DÉNOMBREMENT

. , . A On se mettait en route à l'heure où le jour naït.

Le bagage marchait le premier, puis venait Le gros des nations, foule au hasard semée, ui faisait à peu près la moitié de l'armée.

Dire leurs noms, leurs cris, leurs chants, leurs pas, leur bruit, Serait vouloir compter les souffles de la nuit; Les peuples n'ont pas tous les mêmes mœurs; les scythes, Qui font à l'occident de sanglantes visites, Vont tout nus; le macron, qui du scythe est rival, À pour casque une peau de tête de cheval Dont il a sur le front les deux oreilles droites; Ceux de Paphlagonie ont des bottes étroites

- De peau tigrée, avec des clous sous les talons,

Et leurs arcs sont très courts et leurs dards sont très longs; Les daces, dont les rois ont pour palais un bouge,

Ont la moitié du corps peinte en blanc, l’autre en rouge; Le sogde emmène en guerre un singe, Béhémos, Devant lequel l’augure inquiet dit des mots

Ténébreux, et pareils aux couleuvres sinistres;

On voit passer parmi les tambours et les sistres

Les deux sortes de fils du vieil Ethiopus,

Ceux-ci les cheveux plats, ceux-là les fronts crépus;

Les bars au turban vert viennent des deux Chaldées;

Les piques des guerriers de Thrace ont dix coudées;

Ces peuples ont chez eux un oracle de Mars;

Comment énumérer les sospires camards,

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