‹ PoésieChapitre 35 sur 217 · RIE NATIONALE · texte numérisé non relu

RIE NATIONALE

— Eurybiade, à qui Pallas confie Athène,

Noble Adymanthe, fils d'Ocyre, capitaine De Corinthe, et vous tous, princes et chefs, sachez Que les dieux sont sur nous à cette heure penchés; |

Tandis que ce conseil hésite, attend, varie,

Je vois poindre une larme aux yeux de la patrie;

La Grèce en deuil chancelle et cherche un point d'appui. Rois, je sais que tout ment, demain trompe aujourd'hui,

Le jour est louche, l'air est fuyant, l'onde est lâche;

Le sort est une main qui nous tient, puis nous lâche; J'estime peu la vague instable, mais je dis

Qu'un gouffre est moins mouvant sous des pieds plus hardis, Et qu'il faut traiter l’eau comme on traite la vie,

Avec force et dédain; et, n'ayant d'autre envie

Que la bataille, Ô grecs, je la voudrais tenter!

Il est temps que les cœurs renoncent à douter,

Et tout sera perdu, peuple, si tu n'opposes

La fermeté de l’homme aux trahisons des choses.

Nous sommes de fort près par Némésis suivis,

Tout penche, et c'est pourquoi je vous dis mon avis. Restons dans ce détroit. Ce qui me détermine, | C’est de sauver Mégare, Egine et Salamine, Et je trouve prudent en même temps que fer

De protéger la terre en défendant la mer.

L’immense roi venu des ténèbres profondes

Est sur le tremblement redoutable des ondes,

Qu'il y reste, et luttons corps à corps. Rois, je veux Prendre aux talons celui qui nous prend aux cheveux, Et frapper cet Achille à l'endroit vulnérable.

Que l'augure, appuyé sur son sceptre d'érable, : Interroge le foie et le cœur des moutons,

Et tende dans la nuit ses deux mains à tâtons, C'est son affaire; moi soldat, j'ai pour augure | Le glaive, et c'est par lui que je me transfigure. Combattre, c'est démence? Ah! soyons insensés!

Je sais bien que ce prince est effrayant, je sais

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