‹ PoésieChapitre 34 sur 217 · LE DÉTROIT DE L'EURIPE · texte numérisé non relu

LE DÉTROIT DE L'EURIPE

Il faisait nuit; le ciel sinistre était sublime;

La terre offrait sa brume et la mer son abîme.

Voici la question qui se posait devant

Des hommes secoués par l'onde et par le vent :

Faut-il fuir le détroit d'Euripe? Y faut-il faire

Un front terrible à ceux que le destin préfère,

Et qui sont les affreux conquérants sans pitié?

Is ont une moitié, veulent l’autre moitié,

Et ne s’arréteront qu'ayant toute la terre.

Demeurer, ou partir? Choix grave. Angoisse austère.

Les chefs délibéraient sur un grand vaisseau noir.

Bien que ce ne soit pas la coutume d’avoir

Des Colloques la nuit entre les capitaines,

La guerre ayant déjà des chances incertaines,

Et l'ombre ne pouvant, dans les camps soucieux,

Qu'ajouter à la nuit des cœurs la nuit des CieUX,

Bien que l'heure lugubre où le prêtre médite

Soit aux discussions des soldats interdite,

On était en conseil, vu l'urgence. Il fallait

Savoir si l’on peut prendre une hydre en un filet,

Eth Perse en un piège, et forcer les passages

De lEuripe, malgré l’abime et les présages.

Les hommes ont l'énigme éternelle autour d'eux.

Devait-on accepter un combat hasardeux ?

Les nefs étaient à l'ancre autour du grand navire.

Les mâts se balançaient sur le flot qui chavire,

L’aquilon remuait l’eau que rien ne corrompt;

Et sur Ja poupe altière où veillaient, casque au front,

Les archers de Platée, hommes de haute taille,

Thémistocle, debout en habit de bataille, erchant À distinguer dans l'ombre des lueurs,

EE handants de la flotte, rêveurs.

POESIE re

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