‹ PoésieChapitre 51 sur 217 · LE ROI VOLEUR · texte numérisé non relu

LE ROI VOLEUR

Roi, fallait-il que tu vinsses Pour nous écraser d'impôts?

Nous vivons dans nos provinces, Pauvres sous nos vieux drapeaux.

Nous bravons tes cavalcades.

Sommes-nous donc des vilains Pour engraisser des alcades

Et nourrir des chapelains?

Quant à payer, roi bravache, Jamais! et j'en fais serment.

Ma ville est-elle une vache Pour la traire effrontément?

Je vais continuer, sire,

Et te parler du passé, Puisqu'il est bon de tout dire Et puisque j'ai commencé.

Roi, tu m'as pris mes villages, Roi, tu m'as pris mes vassaux; Tu m'as pris mes grands feuillages Où j'écoutais les oiseaux;

Roi, tu m'as pris mon domaine, Mon champ, de saules bordé; Tu m'allais prendre Chimène, Roi, mais je t'ai regardé.

Si les rois étaient pendables, Je t'aurais offert déjà

Dans mes ongles formidables

Au gibet d'Albavicja!

D'ombre en vain tu t'environnes; Ma colère un jour pensa

Prendre l'or de tes couronnes Pour ferrer Babiccça.

Je suis plein de rêves sombres, Ayant, vieux suspect vainqueur, Toute ma gloire en décombres Dans le plus noir de mon cœur.

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